ALDA Governing Board’s commitment to sustainability at the AUTREMENT project

On Wednesday 27 January 2021, the conference on the AUTREMENT Project (Urban Territorial Development to Reinvent Mobility and Engage Tunisians) took place in Kairouan (Tunisia), live-streamed on the Autrement Facebook Page – Sustainable Mobility and Citizen Participation in Tunisia.  One member of ALDA’s Board of Directors, Mr Didier Duboisset, who works for the local authority Pays Vichy-Auvergne, joined the event welcoming the implementation of this project and encouraging all members and stakeholders for the successful completion of the project itself.

During his speech, Mr Didier Duboisset highlighted an example of a concrete project implemented in his municipality. In this case, European funds were used to mobilise the young section of the population, from teenagers to young parents, as far as soft and sustainable mobility projects concern. the aim was yo change the habits of these people around the use of cars and to raise their awareness on the use of more ecological and sustainable means of transport.

Going towards sustainable urban development with the AUTREMENT project

Mr Duboisset’s commitment is fully in line with the spirit of the AUTREMENT project, launched on 1st June 2020 in the continuation of the decentralised cooperation between the Strasbourg Municipality and the municipalities of Kairouan and Mahdia in Tunisia. The project focuses on promoting sustainable urban development; while improving inhabitants’ quality of life, as well as their economic and tourist attractiveness. The development of active mobility, such as cycling; the implementation of dedicated urban developments, and the strengthening of citizen participation in local governance are some key aspects designed to reach the above-mentioned aims.

Finally, this project aims at creating synergies in the region of Kairouan et Mahdia and even beyond the Tunisian borders.

On Wednesday 27 January 2021, the conference on the AUTREMENT Project (Urban Territorial Development to Reinvent Mobility and Engage Tunisians) took place in Kairouan (Tunisia), live-streamed on the Autrement Facebook Page – Sustainable Mobility and Citizen Participation in Tunisia.  One member of ALDA’s Board of Directors, Mr Didier Duboisset, who works for the local authority Pays Vichy-Auvergne, joined the event welcoming the implementation of this project and encouraging all members and stakeholders for the successful completion of the project itself.

During his speech, Mr Didier Duboisset highlighted an example of a concrete project implemented in his municipality. In this case, European funds were used to mobilise the young section of the population, from teenagers to young parents, as far as soft and sustainable mobility projects concern. the aim was yo change the habits of these people around the use of cars and to raise their awareness on the use of more ecological and sustainable means of transport.

Going towards sustainable urban development with the AUTREMENT project

Mr Duboisset’s commitment is fully in line with the spirit of the AUTREMENT project, launched on 1st June 2020 in the continuation of the decentralised cooperation between the Strasbourg Municipality and the municipalities of Kairouan and Mahdia in Tunisia. The project focuses on promoting sustainable urban development; while improving inhabitants’ quality of life, as well as their economic and tourist attractiveness. The development of active mobility, such as cycling; the implementation of dedicated urban developments, and the strengthening of citizen participation in local governance are some key aspects designed to reach the above-mentioned aims.

Finally, this project aims at creating synergies in the region of Kairouan et Mahdia and even beyond the Tunisian borders.


Une vague d'innovation en Méditerranée avec MYSEA

Comment donner une impulsion novatrice à l'inclusion sociale, à la lutte contre la pauvreté, à l'emploi des jeunes et des femmes dans la région Méditerranéenne ?

Cela sera possible grâce à MY SEA, un projet novateur, lancé le 15 octobre 2020 et courant jusqu'en avril 2023, financé par le programme ENI CBC MED de l'Union européenne.

Signifiant littéralement “ Faire progresser les compétences, l'emploi et la sensibilisation à une économie durable aux jeunes, NEET et femmes en Méditerranée . " - MYSEA est un projet conduit par le CIES Onlus et mis en œuvre en partenariat avec des organisations du Liban, de Jordanie, de Tunisie et de Grèce.

Comment donner une impulsion novatrice à l'inclusion sociale, à la lutte contre la pauvreté, à l'emploi des jeunes et des femmes dans la région Méditerranéenne ?

Cela sera possible grâce à MY SEA, un projet novateur, lancé le 15 octobre 2020 et courant jusqu'en avril 2023, financé par le programme ENI CBC MED de l'Union européenne.

Signifiant littéralement “ Faire progresser les compétences, l'emploi et la sensibilisation à une économie durable aux jeunes, NEET et femmes en Méditerranée . " - MYSEA est un projet conduit par le CIES Onlus et mis en œuvre en partenariat avec des organisations du Liban, de Jordanie, de Tunisie et de Grèce.


Le nouveau plan stratégique d'ALDA prend son envol après les quatre webinaires régionaux

La nouvelle voie de l'ALDA vers une diffusion plus large des principes de bonne gouvernance et un impact régional plus profond a officiellement commencé, grâce aux 4 webinaires pour partager nos vues stratégiques avec les acteurs locaux.

Ces événements ont eu lieu entre le 7 et le 21 décembre dans le but de déployer le nouveau Plan stratégique de l'ALDA pour 2020-2024 adopté lors de l'Assemblée Générale d'octobre pour accroître l'impact et la portée de notre action, à l'occasion du 20e anniversaire de l'ALDA.

"L'ALDA ne s’affaiblit pas : malgré les restrictions de mouvements, nous sommes restés proches de nos membres et nous gardons un regard positif sur l'avenir - a souligné le vice-président de l'ALDA, M. Alessandro Perelli lors de la réunion sur la zone méditerranéenne - Nous pensons que notre travail consiste à promouvoir les valeurs partagées de démocratie, de citoyenneté active et d'égalité des chances également, mais pas seulement, dans les pays d'Afrique et du Moyen-Orient".

Décentralisation, subsidiarité et participation citoyenne sont toujours au cœur de notre stratégie.

Cela représente une étape importante pour l'ensemble de l’Association : après 20 ans d'activité et un réseau qui n'a cessé de s'étendre, en particulier au cours de la dernière décennie, l'ALDA est maintenant prête à élargir son champ d'action, et cela à un moment historique où agir au niveau communautaire est une priorité essentielle pour assurer la durabilité de nos communautés. Comme l'a également souligné Mme Natasa Vuckovic, membre du Conseil de Direction de l'ALDA, "l'année prochaine sera une année cruciale et le rôle de l'ALDA sera plus large et plus significatif que jamais, principalement en raison de la pandémie, qui a augmenté les besoins des citoyens auxquels l'ALDA offre des services et différents types de soutien".

 

En fin des comptes, les 4 webinaires ont vu une bonne participation des membres et partenaires, curieux non seulement de découvrir les nouvelles priorités pour 2020-2024, mais aussi de commencer à ouvrir la voie à de futurs projets et collaborations selon une stratégie bien précisée et nos objectifs en commun.

Avec un focus régional spécifique, chaque webinaire a engagé des acteurs locaux et des membres du nouveau Conseil de Direction de l'ALDA impliqués dans le domaine objet de la discussion.

 

"Nous sommes attachés aux valeurs de l'UE et c'est stratégique pour nous. Nous travaillons sur la décentralisation, la subsidiarité et la participation des citoyens. C'est toujours le cœur de notre stratégie", a souligné le Président de l'ALDA, M. Oriano Otočan, lors du premier webinaire consacré à l'Europe.

 

En outre, les membres du Conseil de Direction de l'ALDA ont apporté une contribution précieuse, prouvant une fois de plus leur profond engagement à être des acteurs actifs dans la mise en œuvre des nouvelles visions stratégiques. "En tant que personne originaire de la région des Balkans occidentaux, - a déclaré le nouveau membre élu du conseil de direction, M. Emir Coric - je pense que je peux et je vais aider l'ALDA à accroître la coopération avec les autorités locales et je soutiendrai directement ces municipalités dans la mise en œuvre des principes de bonne gouvernance et de participation des citoyens".

A partir de ce moment, le travail pour rendre ce plan réel a commencé, mais le plus important est de continuer à nourrir la conversation avec nos membres et partenaires, raison pour laquelle nous encourageons tout le monde à nous contacter pour rejoindre notre mission, une mission partagée.

 

La nouvelle voie de l'ALDA vers une diffusion plus large des principes de bonne gouvernance et un impact régional plus profond a officiellement commencé, grâce aux 4 webinaires pour partager nos vues stratégiques avec les acteurs locaux.

Ces événements ont eu lieu entre le 7 et le 21st décembre dans le but de déployer la nouvelle Plan stratégique pour 2020-2024 adopté lors de la Assemblée générale d'octobre pour accroître l'impact et la portée de notre action, à l'occasion du 20e anniversaire de l'ALDA.

"L'ALDA ne s’affaiblit pas : malgré les restrictions de mouvements, nous sommes restés proches de nos membres et nous gardons un regard positif sur l'avenir - a souligné le vice-président de l'ALDA, M. Alessandro Perelli lors de la réunion sur la zone méditerranéenne - Nous pensons que notre travail consiste à promouvoir les valeurs partagées de démocratie, de citoyenneté active et d'égalité des chances également, mais pas seulement, dans les pays d'Afrique et du Moyen-Orient".

Décentralisation, subsidiarité et participation citoyenne sont toujours au cœur de notre stratégie.

Cela représente une étape importante pour toute l'Association: après 20 ans d'activité et un réseau qui n'a cessé de croître, en particulier au cours de la dernière décennie, ALDA est maintenant prête à élargir son champ d'action, et cela se passe à un moment historique où agir au niveau communautaire est une priorité clé pour assurer la durabilité de nos communautés. Comme l'a également souligné Mme NatasaVuckovic, membre du conseil d'administration de l'ALDA, “L'année prochaine sera une année cruciale et le rôle de l'ALDA sera plus grand et plus important que jamais, principalement en raison de la pandémie, qui a accru le besoin des citoyens auxquels ALDA offre des services et différents types de soutien."

En fin des comptes, les 4 webinaires ont vu une bonne participation des membres et partenaires, curieux non seulement de découvrir les nouvelles priorités pour 2020-2024, mais aussi de commencer à ouvrir la voie à de futurs projets et collaborations selon une stratégie bien précisée et nos objectifs en commun.

Avec un focus régional spécifique, chaque webinaire a engagé des acteurs locaux et des membres du nouveau Conseil de Direction de l'ALDA impliqués dans le domaine objet de la discussion.

 

"Nous sommes attachés aux valeurs de l'UE et c'est stratégique pour nous. Nous travaillons sur la décentralisation, la subsidiarité et la participation des citoyens. C'est toujours le cœur de notre stratégie", Souligné Président de l'ALDA M.OrianoOtočan lors du premier webinaire consacré à l'Europe.

 

En outre, les membres du Conseil de Direction de l'ALDA ont apporté une contribution précieuse, prouvant une fois de plus leur profond engagement à être des acteurs actifs dans la mise en œuvre des nouvelles visions stratégiques. "En tant que personne originaire de la région des Balkans occidentaux, - a déclaré le nouveau membre élu du conseil de direction, M. Emir Coric - je pense que je peux et je vais aider l'ALDA à accroître la coopération avec les autorités locales et je soutiendrai directement ces municipalités dans la mise en œuvre des principes de bonne gouvernance et de participation des citoyens".

A partir de ce moment, le travail pour rendre ce plan réel a commencé, mais le plus important est de continuer à nourrir la conversation avec nos membres et partenaires, raison pour laquelle nous encourageons tout le monde à nous contacter pour rejoindre notre mission, une mission partagée.

 


Mind Inclusion 2.0 a célébré la Journée internationale des personnes handicapées

Les 2 et 3 Décembre 2020, le projet Mind Inclusion 2.0, financé par le programme Erasmus + de la Commission européenne, a organisé une série d'événements pour célébrer la clôture officielle du projet et présenter les nombreux résultats obtenus au cours des deux dernières années.

Ce n'est pas un hasard si l'événement a eu lieu le 3 décembre, étant la Journée internationale des personnes handicapées : une récurrence parfaite pour attirer l'attention sur les défis quotidiens rencontrés par les personnes handicapées, surtout en cette période.

En effet, Mind Inclusion 2.0 vise à trouver des solutions durables et inclusives pour aider les soignants à améliorer leurs compétences et permettre aux personnes handicapées de participer activement à la vie sociale de leur communauté.

 

"Une application digitale pour aider les personnes handicapées à accéder aux espaces publics et à exercer leurs droits"

 

Les webinaires susmentionnés ont vu la participation de grands orateurs et experts qui ont animé des débats intéressants et enrichissants autour de 3 thèmes : l'impact de la COVID-19 sur les personnes handicapées, la vision des jeunes sur le handicap et la technologie inclusive et, enfin et surtout, le lien entre le digital et les personnes handicapées.

Nous tenons à remercier chaleureusement tous les participants et panélistes qui ont contribué au succès de cet événement en ligne sur 2 jours:

Toutes les conférences en ligne ont également servi à présenter et diffuser le principal résultat du projet, à savoir une application digitale conçue pour aider les personnes handicapées à accéder aux espaces publics et à exercer leurs droits.

Mind Inclusion 2.0 est un projet mené par Margherita: Società Cooperativa Onlus (Italie) avec Polibienestar Research Institute, INTRAS Foundation (Espagne), Social IT Software & Consulting Srl (Italie), Lietuvos sutrikusio intelekto zmoniu globos bendrija «Viltis» (Lituanie) et ALDA (France).

Si vous souhaitez en savoir plus sur le projet, vous pouvez contacter le chef de projet, Andrea Giaretta à l'adresse: europacoop@cooperativamargherita.org

Les 2 et 3 Décembre 2020, le projet Mind Inclusion 2.0, financé par le programme Erasmus + de la Commission européenne, a organisé une série d'événements pour célébrer la clôture officielle du projet et présenter les nombreux résultats obtenus au cours des deux dernières années.

Ce n'est pas un hasard si l'événement a eu lieu le 3 décembre, étant la Journée internationale des personnes handicapées : une récurrence parfaite pour attirer l'attention sur les défis quotidiens rencontrés par les personnes handicapées, surtout en cette période.

En effet, Mind Inclusion 2.0 vise à trouver des solutions durables et inclusives pour aider les soignants à améliorer leurs compétences et permettre aux personnes handicapées de participer activement à la vie sociale de leur communauté.

 

"Une application numérique pour aider les personnes handicapées à accéder aux espaces publics et à exercer leurs droits."

Les webinaires susmentionnés ont vu la participation de grands orateurs et experts qui ont animé des débats intéressants et enrichissants autour de 3 thèmes : l'impact de la COVID-19 sur les personnes handicapées, la vision des jeunes sur le handicap et la technologie inclusive et, enfin et surtout, le lien entre le digital et les personnes handicapées.

Nous tenons à remercier chaleureusement tous les participants et panélistes qui ont contribué au succès de cet événement en ligne sur 2 jours:

Toutes les conférences en ligne ont également servi à présenter et diffuser le principal résultat du projet, à savoir une application digitale conçue pour aider les personnes handicapées à accéder aux espaces publics et à exercer leurs droits.

Mind Inclusion 2.0 est un projet mené par Margherita: Società Cooperativa Onlus (Italie) avec Polibienestar Research Institute, INTRAS Foundation (Espagne), Social IT Software & Consulting Srl (Italie), Lietuvos sutrikusio intelekto zmoniu globos bendrija «Viltis» (Lituanie) et ALDA (France).

Si vous souhaitez en savoir plus sur le projet, vous pouvez contacter le chef de projet, Andrea Giaretta à l'adresse: europacoop@cooperativamargherita.org


Tout le patrimoine culturel appartient à chacun de nous

Entretien avec Sanja Ivanovska Velkoska, archéologue et conservatrice au Centre national pour la conservation de Skopje, interviewée par Ana Frangovska, historienne de l'art et conservatrice

 

Sanja Ivanovska Velkoska est titulaire d'un doctorat en archéologie, employé au Centre national de conservation de Skopje. En tant qu'expert dans le domaine de l'archéologie et de la conservation, elle possède une expérience considérable en tant que consultante externe pour d'autres institutions et sites de protection du patrimoine culturel. Mme Ivanovska Velkoska a rédigé de nombreux articles scientifiques, participé à de nombreuses conférences scientifiques et a effectué une résidence scientifique à Belgrade, en Serbie et à Lund, en Suède. Ses vastes connaissances en matière de protection du patrimoine culturel en théorie et en pratique font d'elle une excellente interlocutrice sur les questions liées au patrimoine partagé ou contesté.

Qu'est-ce que le patrimoine, comment fonctionne-t-il et que signifie-t-il pour des personnes d'horizons différents?

Sanja: Les valeurs matérielles et culturelles que nous avons héritées de nos ancêtres et de leurs ancêtres sont ce qu'il faut appeler le patrimoine culturel. Malheureusement, son interprétation dans différents environnements est souvent caractérisée par un contenu contrasté.

Pensez-vous que les institutions patrimoniales devraient être plus inclusives ou exclusives? Est-il important de savoir clairement quelles histoires sont présentées, par qui et à quelles fins? Certaines pratiques pointent vers une approche inclusive à travers la restructuration des institutions et la promotion d'un leadership de soutien. Que pensez-vous de cette approche?

Sanja: Si nous voulons que la population en général sache ce qu'est le patrimoine culturel et le nourrit et le conserve sans condition, alors les institutions doivent faciliter son accès et le promouvoir davantage et de manière appropriée auprès du large public. Les raisons de la présentation du patrimoine culturel ne sont pas du tout importantes car il ne devrait pas du tout appartenir.

Vous engagez-vous dans une coopération transfrontalière avec des professionnels de Grèce et de Bulgarie et rencontrez-vous des difficultés dans sa réalisation?

Sanja: Dans le passé, nous avions une plus grande coopération institutionnelle avec de nombreux pays voisins, mais cette pratique a lentement diminué au cours des huit dernières années. Cela n’est dû à aucune politique, mais à la très mauvaise gestion de l’institution dans laquelle je travaille. Sur le plan personnel, les contacts avec les collègues sont régulièrement entretenus. Même à mes propres frais, pendant mon temps libre, j'établis des liens avec des pays avec lesquels nous n'avons pas encore coopéré. Mais tout travail reste basé sur une motivation personnelle ou au niveau d'un petit groupe interdisciplinaire qui a l'idée d'apporter de nouvelles techniques, technologies et méthodes de gestion du patrimoine culturel sous tous ses aspects (concernant les travaux de recherche, la conservation / restauration, la présentation et la vulgarisation ).

Nous avons un héritage qui peut évoquer des points de vue et des émotions différents - parfois difficiles ou contradictoires -, selon l'approche et le point de vue. Le défi de faire face à une telle divergence réside dans la tentative de transmettre simultanément ces différents points de vue et voix lors de la présentation de ce patrimoine au public. Êtes-vous d'accord et pensez-vous qu'il s'agit d'une tâche essentielle lorsque l'on traite du patrimoine et des histoires qui parlent à différentes personnes de différentes manières?

Sanja: Oui, c'est en pratique, mais ça ne devrait pas être. Le patrimoine culturel ne doit jamais avoir de cadre ethnique, religieux, de genre ou tout autre cadre contextuel. Au contraire, je crois que tout le patrimoine culturel appartient à chacun de nous, fait partie de notre passé et affecte notre présent et notre avenir.

Pouvez-vous penser à un exemple d'étude de cas de patrimoine partagé ou contesté lié à votre domaine d'intérêt particulier (ethno-musique, histoire, archéologie, art contemporain, histoire de l'art, etc.) et comment aborderiez-vous sa présentation?

Sanja: En tant que lauréat de l'ASDI Fellow, j'ai participé à un programme de formation avancée sur la conservation et la gestion des bâtiments historiques à l'Université de Lund à Lund, en Suède, où j'ai présenté mon étude de cas sur «La conservation et la présentation de la porte sud du site archéologique de la forteresse de Skopje ». L'approche de l'époque était guidée par les principes de Europa Nostra, qui ont été observées et appliquées dans mon travail professionnel concernant la protection intégrale des sites archéologiques en tant que patrimoine culturel.

"Le patrimoine culturel doit être traité comme une réalisation précieuse de la créativité des gens d'une certaine époque"

Quel est l'impact du patrimoine culturel sur la résolution des problèmes liés au patrimoine partagé ou contesté?

Sanja: En pratique, aucun. Les théoriciens peuvent trouver de nombreux points de contact et d'influences, mais l'agent est conscient qu'en pratique, dans notre pays, ce n'est qu'une lettre morte sur papier.

Comment nous choisissons de nous souvenir du passé et comment nous choisissons d'aller de l'avant sont les questions cruciales d'aujourd'hui. Que signifie le patrimoine culturel dans différents contextes nationaux et régionaux? Qui peut le revendiquer comme le leur et qui décide de la manière dont il est conservé, exposé ou restauré? Comment partager le patrimoine culturel?

Sanja: Les significations ne sont pas aussi importantes que l'approche et l'attitude à l'égard du patrimoine culturel. Nous sommes conscients que le patrimoine culturel en tant que catégorie de culture est toujours en marge dans notre pays. Tous les efforts de modification sont encore en cours, alors que dans la pratique, il est démontré que diverses manifestations populistes non pertinentes reçoivent plus de publicité, et donc plus de fonds que tout projet de protection du patrimoine culturel.

Personne ne peut dire qu'un élément du patrimoine culturel appartient à quelqu'un, à moins qu'il ne l'hérite personnellement de ses parents. Ce qui nous tient à cœur en tant que société nous appartient à tous.La vulgarisation est le moyen le plus important de partager la valeur du patrimoine culturel, et donc d'accroître l'intérêt pour celui-ci. Dans une existence populaire, tout patrimoine culturel est beaucoup plus facile à gérer et peut même devenir autonome.

«Ce que signifie les récits nationaux, c'est qu'ils n'incluent pas de couches; ils sont unilatéraux, souvent chronologiques et ont le sens d'une vérité historique fixe, statique, à leur sujet », a déclaré Anderson en 1991. Êtes-vous d'accord avec cette citation et pourquoi?

Sanja: Malheureusement, c'est souvent le cas. Cependant, il y a des tentatives occasionnelles d'intégration du patrimoine culturel, qui analyse de manière exhaustive les problèmes, et donc les réactions à l'action sont interdisciplinaires. Je le répète, c'est très rare, mais jusqu'à présent, cela s'est avéré être une pratique réussie. Et tant que nous continuerons à traiter le patrimoine culturel sous un seul aspect, nous ne proposerons jamais de solutions presque idéales.

Lorsque nous discutons du patrimoine partagé ou contesté, la question du temps est essentielle et, dans les cas extrêmes de troubles récents, la meilleure méthode de réconciliation pourrait ne pas être d’aborder le passé comme individuellement relatable; mais plutôt que le passé devrait, espérons-le, rester dans le passé. Pensez-vous que cela puisse être mis en œuvre dans notre contexte?

Sanja: Oui, bien sûr.

Pensez-vous que le domaine des mots peut influencer la façon dont le public lit les histoires liées au patrimoine (partagées ou contestées)?

Sanja: Oui, je pense que oui. Tant que nous utilisons un vocabulaire riche et lourd avec des termes professionnels dans les histoires du patrimoine culturel, notre groupe cible sera le seul groupe de personnes qui peut nous comprendre. Ceux qui nous comprennent font généralement partie de nos cercles professionnels ou de nos collègues. Dans ce cas, nous avons complètement manqué l'objectif de vulgarisation du patrimoine culturel.

***

L'entretien est mené dans le cadre du projet »Patrimoine partagé ou contesté», Mis en œuvre par ALDA Skopje et Forum ZFD. L'objectif du projet est d'améliorer la coopération transfrontalière entre la Macédoine du Nord, la Grèce et la Bulgarie. Le projet sensibilise les praticiens du patrimoine et les travailleurs culturels au rôle des histoires contestées et du patrimoine culturel partagé dans les processus d'intégration de l'UE. Le contenu de l'entretien relève de la seule responsabilité de la personne interrogée et ne reflète pas toujours les points de vue et les attitudes d'ALDA et de Forum ZFD.

Entretien avec Sanja Ivanovska Velkoska, archéologue et conservatrice au Centre national pour la conservation de Skopje, interviewée par Ana Frangovska, historienne de l'art et conservatrice

 

Sanja Ivanovska Velkoska est titulaire d'un doctorat en archéologie, employé au Centre national de conservation de Skopje. En tant qu'expert dans le domaine de l'archéologie et de la conservation, elle possède une expérience considérable en tant que consultante externe pour d'autres institutions et sites de protection du patrimoine culturel. Mme Ivanovska Velkoska a rédigé de nombreux articles scientifiques, participé à de nombreuses conférences scientifiques et a effectué une résidence scientifique à Belgrade, en Serbie et à Lund, en Suède. Ses vastes connaissances en matière de protection du patrimoine culturel en théorie et en pratique font d'elle une excellente interlocutrice sur les questions liées au patrimoine partagé ou contesté.

Qu'est-ce que le patrimoine, comment fonctionne-t-il et que signifie-t-il pour des personnes d'horizons différents?

Sanja: Les valeurs matérielles et culturelles que nous avons héritées de nos ancêtres et de leurs ancêtres sont ce qu'il faut appeler le patrimoine culturel. Malheureusement, son interprétation dans différents environnements est souvent caractérisée par un contenu contrasté.

Pensez-vous que les institutions patrimoniales devraient être plus inclusives ou exclusives? Est-il important de savoir clairement quelles histoires sont présentées, par qui et à quelles fins? Certaines pratiques pointent vers une approche inclusive à travers la restructuration des institutions et la promotion d'un leadership de soutien. Que pensez-vous de cette approche?

Sanja: Si nous voulons que la population en général sache ce qu'est le patrimoine culturel et le nourrit et le conserve sans condition, alors les institutions doivent faciliter son accès et le promouvoir davantage et de manière appropriée auprès du large public. Les raisons de la présentation du patrimoine culturel ne sont pas du tout importantes car il ne devrait pas du tout appartenir.

Vous engagez-vous dans une coopération transfrontalière avec des professionnels de Grèce et de Bulgarie et rencontrez-vous des difficultés dans sa réalisation?

Sanja: Dans le passé, nous avions une plus grande coopération institutionnelle avec de nombreux pays voisins, mais cette pratique a lentement diminué au cours des huit dernières années. Cela n’est dû à aucune politique, mais à la très mauvaise gestion de l’institution dans laquelle je travaille. Sur le plan personnel, les contacts avec les collègues sont régulièrement entretenus. Même à mes propres frais, pendant mon temps libre, j'établis des liens avec des pays avec lesquels nous n'avons pas encore coopéré. Mais tout travail reste basé sur une motivation personnelle ou au niveau d'un petit groupe interdisciplinaire qui a l'idée d'apporter de nouvelles techniques, technologies et méthodes de gestion du patrimoine culturel sous tous ses aspects (concernant les travaux de recherche, la conservation / restauration, la présentation et la vulgarisation ).

Nous avons un héritage qui peut évoquer des points de vue et des émotions différents - parfois difficiles ou contradictoires -, selon l'approche et le point de vue. Le défi de faire face à une telle divergence réside dans la tentative de transmettre simultanément ces différents points de vue et voix lors de la présentation de ce patrimoine au public. Êtes-vous d'accord et pensez-vous qu'il s'agit d'une tâche essentielle lorsque l'on traite du patrimoine et des histoires qui parlent à différentes personnes de différentes manières?

Sanja: Oui, c'est en pratique, mais ça ne devrait pas être. Le patrimoine culturel ne doit jamais avoir de cadre ethnique, religieux, de genre ou tout autre cadre contextuel. Au contraire, je crois que tout le patrimoine culturel appartient à chacun de nous, fait partie de notre passé et affecte notre présent et notre avenir.

Pouvez-vous penser à un exemple d'étude de cas de patrimoine partagé ou contesté lié à votre domaine d'intérêt particulier (ethno-musique, histoire, archéologie, art contemporain, histoire de l'art, etc.) et comment aborderiez-vous sa présentation?

Sanja: En tant que lauréat de l'ASDI Fellow, j'ai participé à un programme de formation avancée sur la conservation et la gestion des bâtiments historiques à l'Université de Lund à Lund, en Suède, où j'ai présenté mon étude de cas sur «La conservation et la présentation de la porte sud du site archéologique de la forteresse de Skopje ». L'approche de l'époque était guidée par les principes de Europa Nostra, qui ont été observées et appliquées dans mon travail professionnel concernant la protection intégrale des sites archéologiques en tant que patrimoine culturel.

"Le patrimoine culturel doit être traité comme une réalisation précieuse de la créativité des gens d'une certaine époque"

Quel est l'impact du patrimoine culturel sur la résolution des problèmes liés au patrimoine partagé ou contesté?

Sanja: En pratique, aucun. Les théoriciens peuvent trouver de nombreux points de contact et d'influences, mais l'agent est conscient qu'en pratique, dans notre pays, ce n'est qu'une lettre morte sur papier.

Comment nous choisissons de nous souvenir du passé et comment nous choisissons d'aller de l'avant sont les questions cruciales d'aujourd'hui. Que signifie le patrimoine culturel dans différents contextes nationaux et régionaux? Qui peut le revendiquer comme le leur et qui décide de la manière dont il est conservé, exposé ou restauré? Comment partager le patrimoine culturel?

Sanja: Les significations ne sont pas aussi importantes que l'approche et l'attitude à l'égard du patrimoine culturel. Nous sommes conscients que le patrimoine culturel en tant que catégorie de culture est toujours en marge dans notre pays. Tous les efforts de modification sont encore en cours, alors que dans la pratique, il est démontré que diverses manifestations populistes non pertinentes reçoivent plus de publicité, et donc plus de fonds que tout projet de protection du patrimoine culturel.

Personne ne peut dire qu'un élément du patrimoine culturel appartient à quelqu'un, à moins qu'il ne l'hérite personnellement de ses parents. Ce qui nous tient à cœur en tant que société nous appartient à tous.La vulgarisation est le moyen le plus important de partager la valeur du patrimoine culturel, et donc d'accroître l'intérêt pour celui-ci. Dans une existence populaire, tout patrimoine culturel est beaucoup plus facile à gérer et peut même devenir autonome.

«Ce que signifie les récits nationaux, c'est qu'ils n'incluent pas de couches; ils sont unilatéraux, souvent chronologiques et ont le sens d'une vérité historique fixe, statique, à leur sujet », a déclaré Anderson en 1991. Êtes-vous d'accord avec cette citation et pourquoi?

Sanja: Malheureusement, c'est souvent le cas. Cependant, il y a des tentatives occasionnelles d'intégration du patrimoine culturel, qui analyse de manière exhaustive les problèmes, et donc les réactions à l'action sont interdisciplinaires. Je le répète, c'est très rare, mais jusqu'à présent, cela s'est avéré être une pratique réussie. Et tant que nous continuerons à traiter le patrimoine culturel sous un seul aspect, nous ne proposerons jamais de solutions presque idéales.

Lorsque nous discutons du patrimoine partagé ou contesté, la question du temps est essentielle et, dans les cas extrêmes de troubles récents, la meilleure méthode de réconciliation pourrait ne pas être d’aborder le passé comme individuellement relatable; mais plutôt que le passé devrait, espérons-le, rester dans le passé. Pensez-vous que cela puisse être mis en œuvre dans notre contexte?

Sanja: Oui, bien sûr.

Pensez-vous que le domaine des mots peut influencer la façon dont le public lit les histoires liées au patrimoine (partagées ou contestées)?

Sanja: Oui, je pense que oui. Tant que nous utilisons un vocabulaire riche et lourd avec des termes professionnels dans les histoires du patrimoine culturel, notre groupe cible sera le seul groupe de personnes qui peut nous comprendre. Ceux qui nous comprennent font généralement partie de nos cercles professionnels ou de nos collègues. Dans ce cas, nous avons complètement manqué l'objectif de vulgarisation du patrimoine culturel.

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L'entretien est mené dans le cadre du projet »Patrimoine partagé ou contesté», Mis en œuvre par ALDA Skopje et Forum ZFD. L'objectif du projet est d'améliorer la coopération transfrontalière entre la Macédoine du Nord, la Grèce et la Bulgarie. Le projet sensibilise les praticiens du patrimoine et les travailleurs culturels au rôle des histoires contestées et du patrimoine culturel partagé dans les processus d'intégration de l'UE. Le contenu de l'entretien relève de la seule responsabilité de la personne interrogée et ne reflète pas toujours les points de vue et les attitudes d'ALDA et de Forum ZFD.


Le patrimoine culturel appartient à l'humanité

Entretien avec le professeur Elizabeta Dimitrova, historienne de l'art spécialisée dans l'Empire byzantin, interviewée par Ana Frangovska, historienne de l'art et conservatrice.

Elizabeta Dimitrova, Titulaire d'une maîtrise et d'un doctorat en histoire de l'art de l'Université de Belgrade, est professeur à la faculté de philosophie de Skopje, République de Macédoine du Nord (Université de Ss Cyril et Méthode). Dans le cadre de son travail scientifique, elle s'est consacrée à l'étude de l'art, de la culture et des caractéristiques socioculturelles des époques paléochrétienne et byzantine. Dans ce contexte, elle a interprété et a été la première à publier le programme, les caractéristiques iconographiques et artistiques des icônes en céramique du site Vinicko Kale. Par la suite, Vinicko Kale est devenu dans les années 90 l'une des principales attractions archéologiques des Balkans. Mme Dimitrova a identifié le concept programmatique et iconographique des fresques de la basilique épiscopale de Stobi sur la base des parties conservées de manière fragmentaire de la décoration du 4ème siècle. Beaucoup de ses travaux savants sont consacrés à l'analyse et à la contextualisation des significations symboliques de l'iconographie des mosaïques paléochrétiennes de Stobi, Heraclea Lyncestis et la ville antique de Lychnidos. Dans le domaine de la culture artistique byzantine, elle a rédigé une monographie consacrée à l'Église «Assomption de la Très Sainte Mère de Dieu». Mme Dimitrova est une chercheuse très connue dans le monde et un commissaire de nombreuses activités liées à la protection du patrimoine culturel.

Quel est l'impact du patrimoine culturel sur la résolution des problèmes liés au patrimoine partagé ou contesté?

Elizabeta: L'impact du patrimoine est l'un des aspects les plus influents dans ce contexte, si l'on doit avoir des doutes sur sa valeur, sa capacité, ses opportunités de gestion, ses options de protection, etc. En revanche, si l'on veut traiter le patrimoine comme un bien, il faut sachez que le patrimoine n'a pas de prix, il ne peut donc être traité comme une propriété d'aucune sorte. Le patrimoine culturel appartient à l'ensemble de l'humanité; il arrive qu'un certain pays s'occupe du patrimoine situé sur le territoire géographique de ce pays.

Vous engagez-vous dans une coopération transfrontalière avec des professionnels de Grèce et de Bulgarie et rencontrez-vous des difficultés dans sa réalisation?

Elizabeta: J'ai une coopération avec des collègues bulgares (projet en cours pour la numérisation du patrimoine culturel avec des professeurs de Sofia) et une coopération permanente dans le processus d'examen des articles d'archéologie et d'histoire avec des professeurs d'Athènes. À cet égard, je n’ai jamais eu jusqu’à présent de problèmes, difficultés ou questions en suspens impliquant des dilemmes historiques ou tout autre type de malentendu (y compris l’origine du patrimoine ou sa gestion institutionnelle / non institutionnelle, sa protection, etc.).

"Le patrimoine culturel doit être traité comme une réalisation précieuse de la créativité des gens d'une certaine époque"

Nous avons un héritage qui peut évoquer des points de vue et des émotions différents - parfois difficiles ou contradictoires -, selon l'approche et le point de vue. Le défi de faire face à une telle divergence réside dans la tentative de transmettre simultanément ces différents points de vue et voix lors de la présentation de ce patrimoine au public. Êtes-vous d'accord et pensez-vous qu'il s'agit d'une tâche essentielle lorsque l'on traite du patrimoine et des histoires qui parlent à différentes personnes de différentes manières?

Elizabeta: Lorsque nous parlons de patrimoine, nous abordons la portée qualitative des œuvres d'art, des artefacts, des monuments et des sites provenant de différentes époques et de diverses actions de la civilisation humaine. Le patrimoine culturel doit être traité comme une réalisation précieuse de la créativité des gens d'une certaine époque, et non comme un moyen de créer des opinions politiques ou des manifestations. C'est un témoignage du potentiel créatif d'une certaine époque et de son ampleur historique, économique, sociale et culturelle; par conséquent, il doit être interprété de cette manière - comme le reflet positif d'un élan historique qui a disparu pour toujours, laissant une trace précieuse dans un certain milieu / sphère artistique ou culturel.

Pensez-vous qu'être plus polyvocal, engageant, diversifié, (auto-) réfléchi et participatif peut résoudre certains des obstacles sur la manière de présenter le patrimoine culturel (partagé ou contesté)?

Elizabeta: Il faut être méthodologiquement correct, chronologiquement précis et historiquement exact pour pouvoir être un véritable porte-parole du côté «brillant» du patrimoine culturel, car le «plaidoyer» peut également avoir un côté négatif. Le patrimoine culturel nous a été laissé pour une raison plus agréable que pour être utilisé comme une arme politique / sociale / nationale. Dès que l'on se rend compte qu'il est laissé à l'admiration (œuvres d'art) à la recherche proprement dite (artefacts) et à la présentation touristique (monuments), le détournement du patrimoine culturel cesse d'être intéressant ou valable.

Pouvez-vous penser à un exemple d'étude de cas de patrimoine partagé ou contesté lié à votre domaine d'intérêt particulier (ethno-musique, histoire, archéologie, art contemporain, histoire de l'art, etc.) et comment aborderiez-vous sa présentation?

Elizabeta: Bien sûr, on pense d'abord à l'église de la Sainte Vierge du village de Matejche, au nord de la Macédoine du Nord. Il a été commandé à l'âge d'or de l'État médiéval serbe, sous le règne de l'empereur Stefan Dushan comme mausolée de l'ancienne princesse bulgare Elena dans la région de l'actuelle Macédoine du Nord. Il appartient à l'héritage historique de trois États modernes; pourtant, personne ne s'en occupe et l'église est presque en décomposition. Au lieu de débattre à qui appartient ce patrimoine (je me souviens de quelques discussions sur le sujet), quelqu'un devrait se demander s'il pourrait faire quelque chose pour que ce patrimoine survienne afin d'être classé historiquement ou autrement; si l'église est partie, il n'y aura plus d'héritage à discuter.

Comment nous choisissons de nous souvenir du passé et comment nous choisissons d'aller de l'avant sont les questions cruciales d'aujourd'hui. Que signifie le patrimoine culturel dans différents contextes nationaux et régionaux? Qui peut le revendiquer comme le leur et qui décide de la manière dont il est conservé, exposé ou restauré? Comment partager le patrimoine culturel?

Elizabeta: Avec des initiatives mutuelles (transfrontalières et / ou internationales) pour sa protection et sa présentation scientifiquement vérifiée (historique, chronologique, thématique, artistique etc.). Dans mon domaine d'expertise, c'est très simple - c'est le patrimoine culturel byzantin, c'est-à-dire appartient à la production culturelle et artistique médiévale, manifestant certaines caractéristiques architecturales, iconographiques et artistiques, dont la qualité est la principale caractéristique reconnue par son caractère visuel.

«Ce que signifie les récits nationaux, c'est qu'ils n'incluent pas de couches; ils sont unilatéraux, souvent chronologiques et ont le sens d'une vérité historique fixe, statique, à leur sujet », a déclaré Anderson en 1991. Êtes-vous d'accord avec cette citation et pourquoi?

Elizabeta: Comme je l'ai déjà dit, le patrimoine culturel n'est pas un instrument de dialogue national ou politique. Il représente le reflet de la façon dont le peuple était cultivé dans le passé (défini par une certaine chronologie). En outre, cela reflète à quel point nous sommes cultivés dans nos efforts pour prendre soin de l'héritage et le préserver pour la postérité. Le patrimoine culturel présente les principales spécificités suivantes: il provient d'un certain moment historique (chronologie), il est façonné sous une certaine forme visuelle (typologie), il a certaines qualités reconnaissables (classification) et il a certains besoins existentiels (protégés ou non protégés) . Dans le 21st siècle, nous devons nous concentrer sur la dernière spécificité, car elle demande le plus grand effort. Chacun peut dire ce qu'il veut du patrimoine si on le voit, sinon nous partagerons tous le silence d'une possible destruction.

Lorsque nous discutons du patrimoine partagé ou contesté, la question du temps est essentielle et, dans les cas extrêmes de troubles récents, la meilleure méthode de réconciliation pourrait ne pas être d’aborder le passé comme individuellement relatable; mais plutôt que le passé devrait, espérons-le, rester dans le passé. Pensez-vous que cela puisse être mis en œuvre dans notre contexte?

Elizabeta: Non, car, au moins, dans les Balkans, le passé est devenu le principal argument pour façonner l'avenir. Ce qui est plus dramatique, c'est que le passé s'est avéré si changeant pour les habitants des Balkans que nous ne croyons plus en ce que nos ancêtres nous ont appris. Dans de telles circonstances, l'avenir devient si incertain que nous sommes à la recherche d'un passé reconstitué de manière opportuniste, défendu par le rôle imposé au patrimoine culturel. Par conséquent, nous devons donner à l'héritage une nouvelle fonction, plus productive et hautement positive, et le sauver des abus et de l'exploitation actuels.

Pensez-vous que le domaine des mots peut influencer la façon dont le public lit les histoires liées au patrimoine (partagées ou contestées)?

Elizabeta: C’est pourquoi nous avons besoin de porte-parole fiables. Les compétences rhétoriques ont été très appréciées depuis l'Antiquité en raison de leur effet sur des personnes de tous horizons. Le domaine des mots peut avoir de nombreux effets (positifs ou négatifs) et c'est pourquoi les mots doivent être choisis avec soin, entonnés de bonne volonté et passés par des canaux «sûrs» d'approche professionnelle et de normes éthiques. Le patrimoine culturel, dans sa définition la plus élémentaire, signifie création et, en tant que tel, mérite des approches créatives, un traitement et une appréciation.

***

L'entretien est mené dans le cadre du projet »Patrimoine partagé ou contesté», Mis en œuvre par ALDA Skopje et Forum ZFD. L'objectif du projet est d'améliorer la coopération transfrontalière entre la Macédoine du Nord, la Grèce et la Bulgarie. Le projet sensibilise les praticiens du patrimoine et les travailleurs culturels au rôle des histoires contestées et du patrimoine culturel partagé dans les processus d'intégration de l'UE. Le contenu de l'entretien relève de la seule responsabilité de la personne interrogée et ne reflète pas toujours les points de vue et les attitudes d'ALDA et de Forum ZFD.

Entretien avec le professeur Elizabeta Dimitrova, historienne de l'art spécialisée dans l'Empire byzantin, interviewée par Ana Frangovska, historienne de l'art et conservatrice.

Elizabeta Dimitrova, Titulaire d'une maîtrise et d'un doctorat en histoire de l'art de l'Université de Belgrade, est professeur à la faculté de philosophie de Skopje, République de Macédoine du Nord (Université de Ss Cyril et Méthode). Dans le cadre de son travail scientifique, elle s'est consacrée à l'étude de l'art, de la culture et des caractéristiques socioculturelles des époques paléochrétienne et byzantine. Dans ce contexte, elle a interprété et a été la première à publier le programme, les caractéristiques iconographiques et artistiques des icônes en céramique du site Vinicko Kale. Par la suite, Vinicko Kale est devenu dans les années 90 l'une des principales attractions archéologiques des Balkans. Mme Dimitrova a identifié le concept programmatique et iconographique des fresques de la basilique épiscopale de Stobi sur la base des parties conservées de manière fragmentaire de la décoration du 4ème siècle. Beaucoup de ses travaux savants sont consacrés à l'analyse et à la contextualisation des significations symboliques de l'iconographie des mosaïques paléochrétiennes de Stobi, Heraclea Lyncestis et la ville antique de Lychnidos. Dans le domaine de la culture artistique byzantine, elle a rédigé une monographie consacrée à l'Église «Assomption de la Très Sainte Mère de Dieu». Mme Dimitrova est une chercheuse très connue dans le monde et un commissaire de nombreuses activités liées à la protection du patrimoine culturel.

Quel est l'impact du patrimoine culturel sur la résolution des problèmes liés au patrimoine partagé ou contesté?

Elizabeta: L'impact du patrimoine est l'un des aspects les plus influents dans ce contexte, si l'on doit avoir des doutes sur sa valeur, sa capacité, ses opportunités de gestion, ses options de protection, etc. En revanche, si l'on veut traiter le patrimoine comme un bien, il faut sachez que le patrimoine n'a pas de prix, il ne peut donc être traité comme une propriété d'aucune sorte. Le patrimoine culturel appartient à l'ensemble de l'humanité; il arrive qu'un certain pays s'occupe du patrimoine situé sur le territoire géographique de ce pays.

Vous engagez-vous dans une coopération transfrontalière avec des professionnels de Grèce et de Bulgarie et rencontrez-vous des difficultés dans sa réalisation?

Elizabeta: J'ai une coopération avec des collègues bulgares (projet en cours pour la numérisation du patrimoine culturel avec des professeurs de Sofia) et une coopération permanente dans le processus d'examen des articles d'archéologie et d'histoire avec des professeurs d'Athènes. À cet égard, je n’ai jamais eu jusqu’à présent de problèmes, difficultés ou questions en suspens impliquant des dilemmes historiques ou tout autre type de malentendu (y compris l’origine du patrimoine ou sa gestion institutionnelle / non institutionnelle, sa protection, etc.).

"Le patrimoine culturel doit être traité comme une réalisation précieuse de la créativité des gens d'une certaine époque"

Nous avons un héritage qui peut évoquer des points de vue et des émotions différents - parfois difficiles ou contradictoires -, selon l'approche et le point de vue. Le défi de faire face à une telle divergence réside dans la tentative de transmettre simultanément ces différents points de vue et voix lors de la présentation de ce patrimoine au public. Êtes-vous d'accord et pensez-vous qu'il s'agit d'une tâche essentielle lorsque l'on traite du patrimoine et des histoires qui parlent à différentes personnes de différentes manières?

Elizabeta: Lorsque nous parlons de patrimoine, nous abordons la portée qualitative des œuvres d'art, des artefacts, des monuments et des sites provenant de différentes époques et de diverses actions de la civilisation humaine. Le patrimoine culturel doit être traité comme une réalisation précieuse de la créativité des gens d'une certaine époque, et non comme un moyen de créer des opinions politiques ou des manifestations. C'est un témoignage du potentiel créatif d'une certaine époque et de son ampleur historique, économique, sociale et culturelle; par conséquent, il doit être interprété de cette manière - comme le reflet positif d'un élan historique qui a disparu pour toujours, laissant une trace précieuse dans un certain milieu / sphère artistique ou culturel.

Pensez-vous qu'être plus polyvocal, engageant, diversifié, (auto-) réfléchi et participatif peut résoudre certains des obstacles sur la manière de présenter le patrimoine culturel (partagé ou contesté)?

Elizabeta: Il faut être méthodologiquement correct, chronologiquement précis et historiquement exact pour pouvoir être un véritable porte-parole du côté «brillant» du patrimoine culturel, car le «plaidoyer» peut également avoir un côté négatif. Le patrimoine culturel nous a été laissé pour une raison plus agréable que pour être utilisé comme une arme politique / sociale / nationale. Dès que l'on se rend compte qu'il est laissé à l'admiration (œuvres d'art) à la recherche proprement dite (artefacts) et à la présentation touristique (monuments), le détournement du patrimoine culturel cesse d'être intéressant ou valable.

Pouvez-vous penser à un exemple d'étude de cas de patrimoine partagé ou contesté lié à votre domaine d'intérêt particulier (ethno-musique, histoire, archéologie, art contemporain, histoire de l'art, etc.) et comment aborderiez-vous sa présentation?

Elizabeta: Bien sûr, on pense d'abord à l'église de la Sainte Vierge du village de Matejche, au nord de la Macédoine du Nord. Il a été commandé à l'âge d'or de l'État médiéval serbe, sous le règne de l'empereur Stefan Dushan comme mausolée de l'ancienne princesse bulgare Elena dans la région de l'actuelle Macédoine du Nord. Il appartient à l'héritage historique de trois États modernes; pourtant, personne ne s'en occupe et l'église est presque en décomposition. Au lieu de débattre à qui appartient ce patrimoine (je me souviens de quelques discussions sur le sujet), quelqu'un devrait se demander s'il pourrait faire quelque chose pour que ce patrimoine survienne afin d'être classé historiquement ou autrement; si l'église est partie, il n'y aura plus d'héritage à discuter.

Comment nous choisissons de nous souvenir du passé et comment nous choisissons d'aller de l'avant sont les questions cruciales d'aujourd'hui. Que signifie le patrimoine culturel dans différents contextes nationaux et régionaux? Qui peut le revendiquer comme le leur et qui décide de la manière dont il est conservé, exposé ou restauré? Comment partager le patrimoine culturel?

Elizabeta: Avec des initiatives mutuelles (transfrontalières et / ou internationales) pour sa protection et sa présentation scientifiquement vérifiée (historique, chronologique, thématique, artistique etc.). Dans mon domaine d'expertise, c'est très simple - c'est le patrimoine culturel byzantin, c'est-à-dire appartient à la production culturelle et artistique médiévale, manifestant certaines caractéristiques architecturales, iconographiques et artistiques, dont la qualité est la principale caractéristique reconnue par son caractère visuel.

«Ce que signifie les récits nationaux, c'est qu'ils n'incluent pas de couches; ils sont unilatéraux, souvent chronologiques et ont le sens d'une vérité historique fixe, statique, à leur sujet », a déclaré Anderson en 1991. Êtes-vous d'accord avec cette citation et pourquoi?

Elizabeta: Comme je l'ai déjà dit, le patrimoine culturel n'est pas un instrument de dialogue national ou politique. Il représente le reflet de la façon dont le peuple était cultivé dans le passé (défini par une certaine chronologie). En outre, cela reflète à quel point nous sommes cultivés dans nos efforts pour prendre soin de l'héritage et le préserver pour la postérité. Le patrimoine culturel présente les principales spécificités suivantes: il provient d'un certain moment historique (chronologie), il est façonné sous une certaine forme visuelle (typologie), il a certaines qualités reconnaissables (classification) et il a certains besoins existentiels (protégés ou non protégés) . Dans le 21st siècle, nous devons nous concentrer sur la dernière spécificité, car elle demande le plus grand effort. Chacun peut dire ce qu'il veut du patrimoine si on le voit, sinon nous partagerons tous le silence d'une possible destruction.

Lorsque nous discutons du patrimoine partagé ou contesté, la question du temps est essentielle et, dans les cas extrêmes de troubles récents, la meilleure méthode de réconciliation pourrait ne pas être d’aborder le passé comme individuellement relatable; mais plutôt que le passé devrait, espérons-le, rester dans le passé. Pensez-vous que cela puisse être mis en œuvre dans notre contexte?

Elizabeta: Non, car, au moins, dans les Balkans, le passé est devenu le principal argument pour façonner l'avenir. Ce qui est plus dramatique, c'est que le passé s'est avéré si changeant pour les habitants des Balkans que nous ne croyons plus en ce que nos ancêtres nous ont appris. Dans de telles circonstances, l'avenir devient si incertain que nous sommes à la recherche d'un passé reconstitué de manière opportuniste, défendu par le rôle imposé au patrimoine culturel. Par conséquent, nous devons donner à l'héritage une nouvelle fonction, plus productive et hautement positive, et le sauver des abus et de l'exploitation actuels.

Pensez-vous que le domaine des mots peut influencer la façon dont le public lit les histoires liées au patrimoine (partagées ou contestées)?

Elizabeta: C’est pourquoi nous avons besoin de porte-parole fiables. Les compétences rhétoriques ont été très appréciées depuis l'Antiquité en raison de leur effet sur des personnes de tous horizons. Le domaine des mots peut avoir de nombreux effets (positifs ou négatifs) et c'est pourquoi les mots doivent être choisis avec soin, entonnés de bonne volonté et passés par des canaux «sûrs» d'approche professionnelle et de normes éthiques. Le patrimoine culturel, dans sa définition la plus élémentaire, signifie création et, en tant que tel, mérite des approches créatives, un traitement et une appréciation.

***

L'entretien est mené dans le cadre du projet »Patrimoine partagé ou contesté», Mis en œuvre par ALDA Skopje et Forum ZFD. L'objectif du projet est d'améliorer la coopération transfrontalière entre la Macédoine du Nord, la Grèce et la Bulgarie. Le projet sensibilise les praticiens du patrimoine et les travailleurs culturels au rôle des histoires contestées et du patrimoine culturel partagé dans les processus d'intégration de l'UE. Le contenu de l'entretien relève de la seule responsabilité de la personne interrogée et ne reflète pas toujours les points de vue et les attitudes d'ALDA et de Forum ZFD.


Camp de réfugiés en Bosnie-Herzégovine

L'amour est le remède aux expériences douloureuses

Je viens d'un petit pays d'Europe, nommé Bosnie-Herzégovine. Nous avons récemment commencé à nous remettre des conséquences de la guerre qui s'est produite il y a moins de 30 ans, et nous ne nous sommes plus jamais entièrement remis sur pied.

Depuis quelques années maintenant, les manchettes des médias ne cessent de faire les gros titres sur la «crise des réfugiés», mettant en avant des articles qui propagent l'intolérance et la révulsion envers les membres de ces groupes, exagérant et parfois même présentant faussement d'éventuelles situations de conflit dans lesquelles des migrants étaient impliqués (ou peut-être ne pas?).

Je regrette énormément que nous soyons devenus insensibles au malheur et à la douleur des autres dans les moments difficiles, négligeant le fait que la plupart d'entre nous ou nos familles ont dû fuir leur domicile pendant une (mentionnée) crise de guerre. On oublie si facilement ce que c'est que de tout quitter et de s'enfuir, de vivre simplement en courant, mais de courir pour la vie… Ce que c'est que de vouloir à nouveau appartenir quelque part, d'avoir un environnement constant, au moins pour un temps. Accablés par le changement et la peur de l'attachement, ces personnes ont peur d'adopter des habitudes, car elles savent qu'elles devront éventuellement partir et tout recommencer.

Imaginez que tout commence à paraître étrange et que vous ne savez plus si vous êtes complètement vous-même. Comme si vous aviez laissé de petits morceaux de vous en chemin. Je commencerais à me demander s'il me reste quelque chose ...

J'ai commencé à me demander s'il y avait quelque chose que nous pourrions tous faire pour rendre leur voyage un peu plus supportable. Soudainement, une joie inattendue est entrée dans ma vie - la grande joie de rencontrer et de communiquer avec ces mêmes personnes.

Expérience de coopération

Des ateliers interactifs ont commencé en décembre 2019, dans le cadre du projet IMPACT financé par le programme européen Erasmus +, et mis en œuvre dans le cadre d'un processus de coopération entre l'Agence de la démocratie locale de Mostar et le Théâtre de la jeunesse de Mostar, dont je suis membre (avec plus de bénévoles). Nous nous sommes rencontrés pendant cinq semaines - un total de 15 fois pendant 2 ou 3 heures et, tout simplement, avons échangé de l'Amour.

Habituellement, différentes familles venaient à chaque atelier, souvent il y avait aussi des enfants. Mais certains d'entre eux sont venus deux, trois fois ou même plus et nous ont toujours suppliés de participer et de revenir avec nous, lorsque nous sommes arrivés au camp de réfugiés de Salakovac dans une camionnette, dans laquelle le nombre de passagers est limité à sept. Parfois, l'un de nous, organisateurs et bénévoles, effectuait un transport supplémentaire avec son véhicule personnel, de sorte qu'aucun des réfugiés ne soit déçu. Lire la suite Histoire de France

Au début, il était très difficile de les inciter à s'ouvrir. Nous ne voulions pas le pousser, car il est compréhensible à quel point il peut être douloureux de parler de tout ce qu'ils ont fui, de partager des expériences choquantes que nous, en particulier les jeunes, n'avons entendues que dans les histoires des personnes âgées, qui ont pris participer à la guerre.

Nous avons essayé d'encourager la conversation avec de la musique, de la danse, des blagues et des jeux. À une occasion, nous avons placé plusieurs objets sur la scène. C'étaient des objets que l'on voyait couramment chez soi: un maillot de corps, un couvercle de pot, une tasse de café, une chaussure… Ils étaient éparpillés, presque comme si quelqu'un les avait laissés si pressés, saisissant tout ce qu'il pouvait apporter. Cela les a secoués, probablement ravivé les souvenirs et ils ont commencé à parler plus honnêtement et ouvertement de leurs sentiments. Nous avons écouté, tranquillement. Car, que dire d'astucieux du témoignage de l'homme dont le frère a été tué, sous ses yeux?! Que tu comprends!? Sa douleur ?? !!
NON, nous ne pourrions, ni dire ou ressentir cela ...

«Le motif qui nous a guidés tout au long de ce processus est l’idéal de l’égalité.» 

Écoutez…

À partir de ce moment, de nombreuses rencontres, qui ont eu lieu à l'hôtel Studentski Mostar, sont passées par nous en écoutant ces expériences inimaginables, et en prenant peu à peu conscience que cela aurait pu arriver à n'importe lequel d'entre nous. Ressentir les cicatrices de sa douleur, de sa perte et de sa peur encore non guéries, mais être un pilier, un soutien, une épaule qui pleure pour quelqu'un, sans qu'il se sente plus faible à cause de cela, est vraiment un grand succès et une bénédiction.

Au fil des nuits, chacune d'elles a chargé ma conscience du même rêve, encore et encore. Chaque fois que je me réveille, me retourne et me rendors, ça continue comme si quelqu'un appuyait jouer. Je me réveillais visiblement fatigué. Guerre, peur, incertitude, suspense, danger, évasion… La liste s'allongeait encore et encore. Au moins, en dormant, j'ai ressenti au moins une partie de ces sentiments intimidants. J'ai réalisé à un niveau étrange ce que c'est que lorsque la peur devient votre principal actionneur, mais aussi une source de force inconcevable. Impuissance, perte, persécution… Tout ce qui compte, c'est survivre et s'échapper.

Les gens affirment souvent que nous ne pouvons pas aider une personne de manière significative si nous n'avons pas vécu seuls des circonstances de vie similaires. Je suis généralement d'accord avec le dicton populaire «marcher d'abord dans la peau de quelqu'un». Mais n'est-il pas encore plus facile pour nous, les jeunes, qui n'avons pas encore goûté à ce tourment, d'être solidaires, de prendre part à cette douleur, que nous ne comprenons toujours pas, sur nous-mêmes, de leur offrir une compassion humaine, un sourire, un câlin?

Nous avons chanté ensemble, nous nous sommes dessinés, puis nous avons éclaté de rire. Nous avons fait du sport avec les enfants et leur avons appris à dessiner un éléphant, une fleur, un arbre… Ils nous ont montré leurs pas traditionnels de danse. Un gentilhomme irakien a même apporté du ukulélé et interprété une vieille chanson kurde.

Rien ne peut t'arrêter

Bien que nous ayons souvent des barrières linguistiques, même en l'absence de traducteurs, nous avons réussi à communiquer avec nos mains, nos yeux, nos sons. Le résultat était une magnifique synthèse de nombreuses cultures différentes. Alors que nous organisions toujours une collation, visitions la ville, les emmenions essayer de délicieux gâteaux - le soutien physique et matériel ne pouvait guère être comparé à la force de l'aide mentale que nous avons réussi à fournir, pour laquelle ils étaient profondément reconnaissants.

Le motif qui nous a guidés tout au long de ce processus est l’idéal de l’égalité. Donc, lors d'un des ateliers, nous faisions des masques. Celui qui voulait que son masque soit fabriqué, s'allongeait sur le nylon et nous commencerions à travailler. Ce n'était pas un processus court. Parfois, cela durait jusqu'à 20 minutes ou plus. La plupart des «modèles» étaient des enfants qui restaient immobiles et patiemment tout le temps. Nous avons été ravis de l'absence d'hyperactivité et du besoin de provoquer constamment l'attention de quelqu'un, que nous rencontrons presque toujours chez les plus jeunes. Une fois les masques terminés, nous leur expliquerions pourquoi nous les avons fabriqués en premier lieu:

«En regardant le masque, nous ne pouvons rien conclure sur la couleur de la peau, la nationalité, la religion ou tout autre trait imaginaire que nous associons aux gens comme des cadenas de préjugés.»

Le message est assez clair. Nous sommes tous du même genre, nous sommes tous humains et nous avons tous besoin d'Amour. C'est la source d'énergie qui anime le monde et rassemble même de parfaits inconnus. AIMONS JUSTE LES AUTRES !! Lis Le plus ancienLa langue dans le monde

Changer le monde

L'activisme civique en ce moment, à l'exception des troubles politiques et des scandales commerciaux, doit se concentrer sur d'autres questions brûlantes de la communauté dans laquelle il habite, sans ignorer ce qui précède, peu importe à quel point il est soumis à l'insécurité et aux préjugés de la part de citoyens passifs et de manière stéréotypée, jamais discuté entre eux.

À partir des histoires et des expériences recueillies, nous avons décidé de faire une pièce de théâtre et de parler publiquement de la vie des réfugiés. Nous espérons qu'avec cet acte, nous rappellerons aux autres de ne faire aux autres que ce qu'ils aimeraient vivre sur et dans leur propre peau.

Le jeu s'appelle «JEU», pour de nombreuses raisons symboliques. La première arrive bientôt et, à l'avenir, nous sommes déterminés à voyager à travers le monde, à partager cette expérience douloureuse mais belle à travers des formes d'art, et à nous produire sur de nombreuses scènes célèbres en l'honneur de la compassion humaine et de la toute-puissance de l'AMOUR!

En fin de compte, quelle que soit la taille de votre pays sur la carte, vous pouvez toujours faire une GRANDE différence pour que le monde devienne un endroit meilleur et plus chaud! Continue.

 Par: Kljajić Sara

L'amour est le remède aux expériences douloureuses

Je viens d'un petit pays d'Europe, nommé Bosnie-Herzégovine. Nous avons récemment commencé à nous remettre des conséquences de la guerre qui s'est produite il y a moins de 30 ans, et nous ne nous sommes plus jamais entièrement remis sur pied.

Depuis quelques années maintenant, les manchettes des médias ne cessent de faire les gros titres sur la «crise des réfugiés», mettant en avant des articles qui propagent l'intolérance et la révulsion envers les membres de ces groupes, exagérant et parfois même présentant faussement d'éventuelles situations de conflit dans lesquelles des migrants étaient impliqués (ou peut-être ne pas?).

Je regrette énormément que nous soyons devenus insensibles au malheur et à la douleur des autres dans les moments difficiles, négligeant le fait que la plupart d'entre nous ou nos familles ont dû fuir leur domicile pendant une (mentionnée) crise de guerre. On oublie si facilement ce que c'est que de tout quitter et de s'enfuir, de vivre simplement en courant, mais de courir pour la vie… Ce que c'est que de vouloir à nouveau appartenir quelque part, d'avoir un environnement constant, au moins pour un temps. Accablés par le changement et la peur de l'attachement, ces personnes ont peur d'adopter des habitudes, car elles savent qu'elles devront éventuellement partir et tout recommencer.

Imaginez que tout commence à paraître étrange et que vous ne savez plus si vous êtes complètement vous-même. Comme si vous aviez laissé de petits morceaux de vous en chemin. Je commencerais à me demander s'il me reste quelque chose ...

J'ai commencé à me demander s'il y avait quelque chose que nous pourrions tous faire pour rendre leur voyage un peu plus supportable. Soudainement, une joie inattendue est entrée dans ma vie - la grande joie de rencontrer et de communiquer avec ces mêmes personnes.

Expérience de coopération

Des ateliers interactifs ont commencé en décembre 2019, dans le cadre du projet IMPACT financé par le programme européen Erasmus +, et mis en œuvre dans le cadre d'un processus de coopération entre l'Agence de la démocratie locale de Mostar et le Théâtre de la jeunesse de Mostar, dont je suis membre (avec plus de bénévoles). Nous nous sommes rencontrés pendant cinq semaines - un total de 15 fois pendant 2 ou 3 heures et, tout simplement, avons échangé de l'Amour.

Habituellement, différentes familles venaient à chaque atelier, souvent il y avait aussi des enfants. Mais certains d'entre eux sont venus deux, trois fois ou même plus et nous ont toujours suppliés de participer et de revenir avec nous, lorsque nous sommes arrivés au camp de réfugiés de Salakovac dans une camionnette, dans laquelle le nombre de passagers est limité à sept. Parfois, l'un de nous, organisateurs et bénévoles, effectuait un transport supplémentaire avec son véhicule personnel, de sorte qu'aucun des réfugiés ne soit déçu. Lire la suite Histoire de France

Au début, il était très difficile de les inciter à s'ouvrir. Nous ne voulions pas le pousser, car il est compréhensible à quel point il peut être douloureux de parler de tout ce qu'ils ont fui, de partager des expériences choquantes que nous, en particulier les jeunes, n'avons entendues que dans les histoires des personnes âgées, qui ont pris participer à la guerre.

Nous avons essayé d'encourager la conversation avec de la musique, de la danse, des blagues et des jeux. À une occasion, nous avons placé plusieurs objets sur la scène. C'étaient des objets que l'on voyait couramment chez soi: un maillot de corps, un couvercle de pot, une tasse de café, une chaussure… Ils étaient éparpillés, presque comme si quelqu'un les avait laissés si pressés, saisissant tout ce qu'il pouvait apporter. Cela les a secoués, probablement ravivé les souvenirs et ils ont commencé à parler plus honnêtement et ouvertement de leurs sentiments. Nous avons écouté, tranquillement. Car, que dire d'astucieux du témoignage de l'homme dont le frère a été tué, sous ses yeux?! Que tu comprends!? Sa douleur ?? !!
NON, nous ne pourrions, ni dire ou ressentir cela ...

«Le motif qui nous a guidés tout au long de ce processus est l’idéal de l’égalité.» 

Écoutez…

À partir de ce moment, de nombreuses rencontres, qui ont eu lieu à l'hôtel Studentski Mostar, sont passées par nous en écoutant ces expériences inimaginables, et en prenant peu à peu conscience que cela aurait pu arriver à n'importe lequel d'entre nous. Ressentir les cicatrices de sa douleur, de sa perte et de sa peur encore non guéries, mais être un pilier, un soutien, une épaule qui pleure pour quelqu'un, sans qu'il se sente plus faible à cause de cela, est vraiment un grand succès et une bénédiction.

Au fil des nuits, chacune d'elles a chargé ma conscience du même rêve, encore et encore. Chaque fois que je me réveille, me retourne et me rendors, ça continue comme si quelqu'un appuyait jouer. Je me réveillais visiblement fatigué. Guerre, peur, incertitude, suspense, danger, évasion… La liste s'allongeait encore et encore. Au moins, en dormant, j'ai ressenti au moins une partie de ces sentiments intimidants. J'ai réalisé à un niveau étrange ce que c'est que lorsque la peur devient votre principal actionneur, mais aussi une source de force inconcevable. Impuissance, perte, persécution… Tout ce qui compte, c'est survivre et s'échapper.

Les gens affirment souvent que nous ne pouvons pas aider une personne de manière significative si nous n'avons pas vécu seuls des circonstances de vie similaires. Je suis généralement d'accord avec le dicton populaire «marcher d'abord dans la peau de quelqu'un». Mais n'est-il pas encore plus facile pour nous, les jeunes, qui n'avons pas encore goûté à ce tourment, d'être solidaires, de prendre part à cette douleur, que nous ne comprenons toujours pas, sur nous-mêmes, de leur offrir une compassion humaine, un sourire, un câlin?

Nous avons chanté ensemble, nous nous sommes dessinés, puis nous avons éclaté de rire. Nous avons fait du sport avec les enfants et leur avons appris à dessiner un éléphant, une fleur, un arbre… Ils nous ont montré leurs pas traditionnels de danse. Un gentilhomme irakien a même apporté du ukulélé et interprété une vieille chanson kurde.

Rien ne peut t'arrêter

Bien que nous ayons souvent des barrières linguistiques, même en l'absence de traducteurs, nous avons réussi à communiquer avec nos mains, nos yeux, nos sons. Le résultat était une magnifique synthèse de nombreuses cultures différentes. Alors que nous organisions toujours une collation, visitions la ville, les emmenions essayer de délicieux gâteaux - le soutien physique et matériel ne pouvait guère être comparé à la force de l'aide mentale que nous avons réussi à fournir, pour laquelle ils étaient profondément reconnaissants.

Le motif qui nous a guidés tout au long de ce processus est l’idéal de l’égalité. Donc, lors d'un des ateliers, nous faisions des masques. Celui qui voulait que son masque soit fabriqué, s'allongeait sur le nylon et nous commencerions à travailler. Ce n'était pas un processus court. Parfois, cela durait jusqu'à 20 minutes ou plus. La plupart des «modèles» étaient des enfants qui restaient immobiles et patiemment tout le temps. Nous avons été ravis de l'absence d'hyperactivité et du besoin de provoquer constamment l'attention de quelqu'un, que nous rencontrons presque toujours chez les plus jeunes. Une fois les masques terminés, nous leur expliquerions pourquoi nous les avons fabriqués en premier lieu:

«En regardant le masque, nous ne pouvons rien conclure sur la couleur de la peau, la nationalité, la religion ou tout autre trait imaginaire que nous associons aux gens comme des cadenas de préjugés.»

Le message est assez clair. Nous sommes tous du même genre, nous sommes tous humains et nous avons tous besoin d'Amour. C'est la source d'énergie qui anime le monde et rassemble même de parfaits inconnus. AIMONS JUSTE LES AUTRES !! Lis Le plus ancienLa langue dans le monde

Changer le monde

L'activisme civique en ce moment, à l'exception des troubles politiques et des scandales commerciaux, doit se concentrer sur d'autres questions brûlantes de la communauté dans laquelle il habite, sans ignorer ce qui précède, peu importe à quel point il est soumis à l'insécurité et aux préjugés de la part de citoyens passifs et de manière stéréotypée, jamais discuté entre eux.

À partir des histoires et des expériences recueillies, nous avons décidé de faire une pièce de théâtre et de parler publiquement de la vie des réfugiés. Nous espérons qu'avec cet acte, nous rappellerons aux autres de ne faire aux autres que ce qu'ils aimeraient vivre sur et dans leur propre peau.

Le jeu s'appelle «JEU», pour de nombreuses raisons symboliques. La première arrive bientôt et, à l'avenir, nous sommes déterminés à voyager à travers le monde, à partager cette expérience douloureuse, mais belle à travers des formes d'art, et à nous produire sur de nombreuses scènes célèbres en l'honneur de la compassion humaine et de la toute-puissance de l'AMOUR!

En fin de compte, quelle que soit la taille de votre pays sur la carte, vous pouvez toujours faire une GRANDE différence pour que le monde devienne un endroit meilleur et plus chaud! Continue.

 Par: Kljajić Sara


Réunion de coordination d'EPIC

Ils auraient dû être à Madrid, mais au lieu de cela, les partenaires du projet EPIC se sont réunis en ligne, chacun connecté depuis son pays, pour la réunion de coordination du projet EPIC.

L'événement virtuel a eu lieu le long de 3 jours, du lundi Novembre 16 e au mercredi 18 Novembre et a l'ambition d'identifier des priorités sur la base des premières évaluations du projet.

Lundi, la réunion a été ouverte par la secrétaire générale de l' ALDA, Antonella Valmorbida , qui a chaleureusement accueilli les partenaires et remercié chacun pour sa participation et son engagement fort envers le projet. Par la suite, Antonella a attiré l'attention sur le travail essentiel que l'EPIC accomplit pour améliorer l'inclusion des migrants et ne pas les abandonner, surtout en ce moment très historique. Pour conclure, Antonella Valmorbida a souligné l'importance d'un tel projet comme EPIC dans le cadre plus large de la mission de l'ALDA, l'inclusion sociale et l'intégration des migrants étant une action pilier dans le cadre stratégique d'ALDA récemment approuvé pour 2020-2024.

Le rapport Intégration troublante servira de base au renforcement des capacités et aux activités pilotes au cours des 2 prochaines années

De retour au projet, ce qui a fortement marqué la réunion a été la présentation du rapport de recherche sur l' intégration perturbatrice , mené par Giovanna Astolfo, Harriett Allsopp, Jonah Rudlin et Hanadi Samhan, de la Bartlett Development Planning Unit de l'University College London. Le rapport a été élaboré à partir des résultats d'entretiens, de questionnaires et de groupes de discussion avec plus de 700 citoyens (y compris des migrants et des réfugiés), sur la base de la littérature existante, et sera bientôt rendu public via le site Web de l'EPIC et les médias sociaux.

La recherche visait à étudier les multiples aspects de l'intégration et servira de cadre pour la mise en œuvre du renforcement des capacités et des activités pilotes du projet EPIC au cours des deux prochaines années.

Une fois que les priorités clés en matière d'intégration ont été identifiées, des tables rondes plus petites ont été mises en place (oui, en ligne !) pour analyser les forces et les défis de chaque priorité.

La réunion a également été l'occasion de présenter les instruments de suivi et d'évaluation que le projet mettra en œuvre pour évaluer les progrès accomplis dans la réalisation de ses objectifs.

Que se passe-t-il après une réunion aussi longue et riche ? Les résultats de l'événement permettront de créer une base solide pour le rapprochement et l'échange de bonnes pratiques entre les huit villes impliquées dans le projet, à savoir Lisbonne (Portugal), Brescia (Italie), Gdansk (Pologne), Ioannina (Grèce), Oberhausen (Allemagne), Sisak (Croatie), Novo Mesto (Slovénie) et Vejle (Danemark).

Continuez à suivre Projet EPIC sur Facebook et restez à l'écoute car de plus amples informations seront bientôt disponibles sur son site Internet www.epicamif.eu!

Ils auraient dû être à Madrid, mais au lieu de cela, les partenaires du projet EPIC se sont réunis en ligne, chacun connecté depuis son pays, pour la réunion de coordination du projet EPIC.

L'événement virtuel a eu lieu le long de 3 jours, du lundi Novembre 16 e au mercredi 18 Novembre et a l'ambition d'identifier des priorités sur la base des premières évaluations du projet.

Lundi, la réunion a été ouverte par la secrétaire générale de l' ALDA, Antonella Valmorbida , qui a chaleureusement accueilli les partenaires et remercié chacun pour sa participation et son engagement fort envers le projet. Par la suite, Antonella a attiré l'attention sur le travail essentiel que l'EPIC accomplit pour améliorer l'inclusion des migrants et ne pas les abandonner, surtout en ce moment très historique. Pour conclure, Antonella Valmorbida a souligné l'importance d'un tel projet comme EPIC dans le cadre plus large de la mission de l'ALDA, l'inclusion sociale et l'intégration des migrants étant une action pilier dans le cadre stratégique d'ALDA récemment approuvé pour 2020-2024.

Le rapport Intégration troublante servira de base au renforcement des capacités et aux activités pilotes au cours des 2 prochaines années

De retour au projet, ce qui a fortement marqué la réunion a été la présentation du rapport de recherche sur l' intégration perturbatrice , mené par Giovanna Astolfo, Harriett Allsopp, Jonah Rudlin et Hanadi Samhan, de la Bartlett Development Planning Unit de l'University College London. Le rapport a été élaboré à partir des résultats d'entretiens, de questionnaires et de groupes de discussion avec plus de 700 citoyens (y compris des migrants et des réfugiés), sur la base de la littérature existante, et sera bientôt rendu public via le site Web de l'EPIC et les médias sociaux.

La recherche visait à étudier les multiples aspects de l'intégration et servira de cadre pour la mise en œuvre du renforcement des capacités et des activités pilotes du projet EPIC au cours des deux prochaines années.

Une fois que les priorités clés en matière d'intégration ont été identifiées, des tables rondes plus petites ont été mises en place (oui, en ligne !) pour analyser les forces et les défis de chaque priorité.

La réunion a également été l'occasion de présenter les instruments de suivi et d'évaluation que le projet mettra en œuvre pour évaluer les progrès accomplis dans la réalisation de ses objectifs.

Que se passe-t-il après une réunion aussi longue et riche ? Les résultats de l'événement permettront de créer une base solide pour le rapprochement et l'échange de bonnes pratiques entre les huit villes impliquées dans le projet, à savoir Lisbonne (Portugal), Brescia (Italie), Gdansk (Pologne), Ioannina (Grèce), Oberhausen (Allemagne), Sisak (Croatie), Novo Mesto (Slovénie) et Vejle (Danemark).

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Le patrimoine culturel est un processus continu

Entretien avec Aemilia Papaphilippou, artiste plasticienne d'Athènes, Grèce, par Ana Frangovska, historienne de l'art et conservatrice.

Aemilia Papaphilippou est un artiste grec contemporain. Partant de l'étude de son continuum d'échecs, Papaphilippou se concentre sur la notion de mouvement omniprésent et perpétuel via les domaines historique, socioculturel et anthropologique. À travers ses œuvres, nous pouvons avoir la réponse affirmative à la question: l'art contemporain peut-il jouer un rôle central dans la compréhension de notre passé à travers notre hypostase présente et future? Dans ses œuvres, elle explore l'interconnexion des réalités. L'une de ses œuvres essentielles est une intervention majeure se déroulant sur le site public de l'ancienne Agora d'Athènes, juste au pied du Parthénon. Ensuite, je présenterai ses points de vue élaborés sur le thème du patrimoine partagé ou contesté.

Nous avons un héritage qui peut évoquer des points de vue et des émotions différents - parfois difficiles ou contradictoires -, selon l'approche et le point de vue. Le défi de faire face à une telle divergence réside dans la tentative de transmettre simultanément ces différents points de vue et voix lors de la présentation de ce patrimoine au public. Êtes-vous d'accord et pensez-vous qu'il s'agit d'une tâche essentielle lorsque l'on traite du patrimoine et des histoires qui parlent à différentes personnes de différentes manières?

Aemilia: L'affirmation et la première phrase de ce questionnaire «nous avons un patrimoine», au pluriel, suggèrent que ce «patrimoine» (quel que soit le sens) est un bien culturel, ou réel, qui est partagé. De plus, il est sous-entendu qu'avoir des lectures différentes de ce «patrimoine», témoigne du fait qu'il est effectivement partagé, et ce n'est qu'une question de points de vue. Ceci est cependant une route glissante vers l'erreur; avoir des opinions différentes sur le sujet du «patrimoine» ne témoigne pas nécessairement d'une compréhension culturelle partagée, ni, bien entendu, d'un bien culturel qui appartient à toutes les parties concernées. Il suffit de penser à l'Indonésie et aux Pays-Bas par exemple; beaucoup d'autres existent dans l'histoire du colonialisme. Ou Cowboys et Indiens pour le dire à la légère. Des passés entrelacés ne mènent pas nécessairement à un avenir commun - loin de là!

Que signifie le patrimoine pour vous en tant qu'individu et en tant que citoyen de votre pays et du monde?

Aemilia: Étant grec, et pour continuer là où je m'étais arrêté dans le paragraphe précédent, je comprends la culture comme un processus continu, ce qui est exactement cela: une culture constante, une culture qui engendre le présent, le présent! C'est la démocratie en devenir. Ce processus incorpore toutes sortes de rebondissements tout en se réinstituant sans cesse. Quand on se rend compte que la responsabilité et le respect viennent de l’intérieur, et que l’on soit grec ou non, cela met en lumière ce que Socrate voulait dire en disant: «Les Grecs sont ceux qui participent à la culture grecque».

Pouvez-vous penser à un exemple d'étude de cas de patrimoine partagé ou contesté lié à votre domaine d'intérêt particulier (ethno-musique, histoire, archéologie, art contemporain, histoire de l'art, etc.) et comment aborderiez-vous sa présentation?

Aemilia: Les Demoiselles d'Avignon de Picasso, créées en 1907, et l'utilisation des masques africains (parmi les indicatifs asiatiques ou ibériques) dans sa représentation de la féminité comme l '«Autre» effrayant et conflictuel. Il est intéressant de noter que la seule représentation de Picasso d'une femme occidentale est celle de Germaine, la femme «responsable» de la mort de son ami très proche et peut-être amant, Casagemas, qui s'est suicidé en 1901 parce qu'impuissante Germaine a refusé de l'épouser. Picasso, selon Dora Maar, qui «dévorait» les femmes et changeait de style avec chaque amant suivant, était un homosexuel réprimé. Il est intéressant de noter que cette peinture qui traite probablement de la mort et de l'instinct sexuel pour la vie, entrelace les genres, les stéréotypes sociaux, le colonialisme, la diversité des cultures et des styles artistiques à des niveaux étroitement liés et ne peut être tronquée en morceaux faciles à digérer. Cependant, si «Les Demoiselles d'Avignon» est considéré comme une peinture phare de l'art contemporain occidental, on a tendance à rester à la surface d'une introduction stylistique à d'autres cultures, (les masques africains etc.) alors que le marché de l'art n'a pas permis une lecture sur la virilité qui détruirait le mythe de Picasso en tant que mâle ultime et refléterait sûrement la valeur de ses peintures.

Mais j'aurais dû d'abord mentionner l'évidence: le conflit en cours (!) Sur les marbres du Parthénon connus sous le nom de «marbres d'Elgin», enlevés entre les années 1801 à 1812 (!), De l'Acropole, par le comte d'Elgin, et maintenant affiché au British Museum. Même Lord Byron, son compatriote et contemporain, a pu voir qu'il s'agissait d'un acte de vandalisme et de pillage et a écrit à propos d'Elgin: «Détesté dans la vie ni pardonné dans la poussière…» Rappelons donc que ce qui se trouve sous «l'héritage contesté» est toujours lié au profit. Même si les parties impliquées peuvent se sentir comme les protagonistes, elles ne peuvent être que le levier pour pousser vers la facilitation du profit pour les parties qui restent dans le noir. Dans notre région, les Balkans, la pression pour «reconfigurer» la terre a été une situation difficile sans fin. Aujourd'hui, entre autres, nous lisons sur le marché de l'énergie et nous sommes empêtrés dans son intrigue.

Dans un contexte d'incertitudes et de dystopias, quel est le rôle du patrimoine culturel?

Aemilia: La culture (qui est basée sur l'héritage culturel mais ne coïncide pas avec lui) maintient les gens ensemble comme une sorte d'infrastructure. C'est un système signifiant, un mode de vie qui forme à la fois l'individu mais aussi le collectif et sa connectivité. Un sentiment d'identité en découle alors que le besoin de sens est peut-être plus important que la survie elle-même. Le sang a été versé pendant des siècles par des gens qui se battent pour ce en quoi ils croient, mais nous restons plutôt naïfs. Après tout, à notre époque, la technologie, Internet et les interconnexions denses de toutes sortes changent qui nous sommes, à la fois au niveau de l'individualité mais aussi au niveau de la collectivité. Il est donc plutôt redondant de continuer à parler en termes de «patrimoine culturel» alors que Covid-19 nous a tous obligés à réaliser non seulement la fragilité de la vie, mais aussi l'importance de l'art et de la culture, en tant que phénomène permanent, pour notre survie.

L'un des défis pour les chercheurs et les praticiens dans le domaine du patrimoine culturel est de développer des approches plus inclusives pour partager le patrimoine afin de transgresser les frontières sociales et nationales. Avez-vous une idée de la façon dont vous mettriez cela en œuvre dans votre domaine d'intérêt particulier?

Aemilia: L '«approche inclusive», «transgresser les frontières sociales et nationales», n'est pas une bonne idée car elle finit par être contre la diversité et la variabilité tout en atténuant les conflits et les controverses.

De toute évidence, nous avons tendance à saper ce qu'Héraclite nous a appris; que «tout découle de la guerre», c'est-à-dire que nous devons comprendre que pour avancer, nous devons subir la dialectique des forces opposées, la «thèse, antithèse, synthèse» hégélienne, et accepter le flux toujours changeant du devenir. De plus, nous avons tendance à oublier que les gens incorporent quelque chose de culturel, auquel ils se sentent attirés, parce que cela leur donne du sens. Une fois qu'ils le font, ils le revendiquent comme le leur et le protègent parce qu'il façonne qui ils sont. C'est la nature humaine dans la mesure où même ce qui est reconnu comme étant l'individualité est une construction non seulement au niveau social mais aussi au niveau neurophysiologique. Dans cette optique, nous devons investir dans l'avenir, de manière créative!

"La culture en tant que processus continu qui incorpore toutes sortes de rebondissements, mais qui ne cesse de se réinstituer sans cesse"

Ce que signifient les récits nationaux, c'est qu'ils n'incluent pas de couches; ils sont unilatéraux, souvent chronologiques et ont le sens d'une vérité historique fixe, statique, à leur sujet, a déclaré Anderson en 1991. Êtes-vous d'accord avec cette citation et pourquoi?

Aemilia: Je ne suis pas d'accord. Le patrimoine culturel est autant une chose du passé qu'un corpus vivant qui peut être étudié, ou non, par la mesure dans laquelle nous valorisons et comprenons ce qui a été, dans la manière dont nous agissons ici, maintenant, aujourd'hui.

Ne voulons pas effacer la mémoire, car ce n’est qu’en traitant avec le passé que nous pourrons éventuellement évoluer vers quelque chose de meilleur à l’avenir. Le patrimoine culturel ne peut donc pas être considéré comme figé, mais comme un processus continu qui interprète le passé, également à travers les actions du présent.

Une autre façon de remettre en cause le récit national, concernant le patrimoine partagé ou contesté, serait de passer du particulier à l'universel. Cornelius Holtorf écrit: «(…) le nouveau patrimoine culturel peut transcender le particularisme culturel en promouvant des valeurs et des vertus issues de l'humanisme et un engagement pour la solidarité mondiale.» Que penses-tu de cela?

Aemilia: Amusé par les généralisations de ce genre, je suis en même temps consterné de voir où elles pourraient nous mener. On ne peut pas sauter «du particulier à l'universel» si l'on ne comprend pas que ce que l'on perçoit comme un donné particulier, l'humanisme par exemple, n'est pas une compréhension partagée ni un donné! Par exemple, la vie humaine n’est pas appréciée des terroristes. Les «martyrs» qui ne sont pas seulement prêts à sacrifier leur vie pour faire des ravages, mais qui sont en fait fiers de semer la mort, ont aussi une idée d'un «universel» qui doit se répandre, d'une manière ou d'une autre! Les droits de l'homme ne sont pas non plus acquis, même dans les sociétés qui ont saigné pour les défendre.

Lorsque nous discutons du patrimoine partagé ou contesté, la question du temps est essentielle et, dans les cas extrêmes de troubles récents, la meilleure méthode de réconciliation pourrait ne pas être d’aborder le passé comme individuellement relatable; mais plutôt que le passé devrait, espérons-le, rester dans le passé. Pensez-vous que cela puisse être mis en œuvre dans notre contexte?

Aemilia: Non, ce n'est pas possible non plus. Ce qui signifie que ce qui informe le présent est, en partie, ce qui a déjà été établi dans le passé. Nous devons comprendre que nous devons investir davantage dans le présent et les processus créatifs, tout en faisant attention à ne pas vulgariser le «passé» pour le rendre agréable au grand public ou au marché. Le «passé» exige en effet du temps et des connaissances investis et nous ne devrions pas non plus vouloir le déconstruire pour en faire une sorte de marchandise, ni penser qu'il peut rester en sommeil et le laisser «reposer en paix».

Pensez-vous que le domaine des mots peut influencer la façon dont le public lit les histoires liées au patrimoine (partagées ou contestées)?

Aemilia: Non. Les mots ne sont que des mots. Il est le chemin que les mots sont utilisés qui font la différence et ce n'est que par la communication que nous pouvons créer un terrain d'entente. Parler de «public» donc, comme le suggère la question, implique que les «publics» sont plutôt des auditeurs passifs et absorbent ce qui est suggéré par les «orateurs». Cependant, ce n'est jamais le cas. Les «publics» n'existent pas passivement car ils co-rédigent en réalité en partie ce qui est mis sur la table. Je ne peux donc que me demander: ce qui est proposé ici est-il une sorte de propagande?! Si tel est le cas, cela provoquera de nouveaux conflits.

Lorsqu'elle traite de l'histoire et du patrimoine partagés, la coopération internationale a le potentiel de favoriser une meilleure compréhension au sein et entre les cultures. Es-tu d'accord avec ça? Quelle est votre expérience personnelle?

Aemilia: Oui, j'accepte à condition que cela soit possible. Si les cultures impliquées valorisent le dialogue, la communication et l'individu en tant qu'agent de changement, alors cela «pourrait favoriser une meilleure compréhension au sein et entre les cultures». La résidence Galichnik en Macédoine du Nord est un cas tellement positif et réussi que j'ai vécu personnellement. Il faut cependant noter que les questions patrimoniales ou culturelles sont / n'étaient pas l'objectif de la résidence, bien qu'elles aient eu tendance à faire surface. Faire de l'art est / était le but de la résidence; dans le paradigme occidental de ce qu'est l'art, qui a déjà établi la liberté d'expression comme une donnée (un terrain d'entente que nous ne devrions pas prendre pour acquis). Cependant, toutes les cultures ne sont pas ouvertes à ce type de dialogue et d’échange.

Dans cette optique, un autre incident, que j'ai vécu personnellement, me vient à l'esprit. J'ai été invité à participer à un atelier en Grèce, censé avoir pour but de faire de l'art de manière interactive. Pour cet atelier, qui n'impliquait que des femmes grecques et réfugiées, les femmes grecques ont non seulement été conseillées par les organisateurs de s'habiller «modestement» (elles exigeaient pas de robes sans manches - c'était l'été), mais aussi qu'il fallait accepter de subir l'inspection par les maris des réfugiés, ou par leurs parents hommes (frère ou quiconque était considéré comme «responsable» d'eux), afin de pouvoir enfin interagir entre nous. J'ai refusé de participer.

***

L'entretien est mené dans le cadre du projet »Patrimoine partagé ou contesté», Mis en œuvre par ALDA Skopje et Forum ZFD. L'objectif du projet est d'améliorer la coopération transfrontalière entre la Macédoine du Nord, la Grèce et la Bulgarie. Le projet sensibilise les praticiens du patrimoine et les travailleurs culturels au rôle des histoires contestées et du patrimoine culturel partagé dans les processus d'intégration de l'UE. Le contenu de l'entretien relève de la seule responsabilité de la personne interrogée et ne reflète pas toujours les points de vue et les attitudes d'ALDA et de Forum ZFD.

Entretien avec Aemilia Papaphilippou, artiste plasticienne d'Athènes, Grèce, par Ana Frangovska, historienne de l'art et conservatrice.

Aemilia Papaphilippou est un artiste grec contemporain. Partant de l'étude de son continuum d'échecs, Papaphilippou se concentre sur la notion de mouvement omniprésent et perpétuel via les domaines historique, socioculturel et anthropologique. À travers ses œuvres, nous pouvons avoir la réponse affirmative à la question: l'art contemporain peut-il jouer un rôle central dans la compréhension de notre passé à travers notre hypostase présente et future? Dans ses œuvres, elle explore l'interconnexion des réalités. L'une de ses œuvres essentielles est une intervention majeure se déroulant sur le site public de l'ancienne Agora d'Athènes, juste au pied du Parthénon. Ensuite, je présenterai ses points de vue élaborés sur le thème du patrimoine partagé ou contesté.

Nous avons un héritage qui peut évoquer des points de vue et des émotions différents - parfois difficiles ou contradictoires -, selon l'approche et le point de vue. Le défi de faire face à une telle divergence réside dans la tentative de transmettre simultanément ces différents points de vue et voix lors de la présentation de ce patrimoine au public. Êtes-vous d'accord et pensez-vous qu'il s'agit d'une tâche essentielle lorsque l'on traite du patrimoine et des histoires qui parlent à différentes personnes de différentes manières?

Aemilia: L'affirmation et la première phrase de ce questionnaire «nous avons un patrimoine», au pluriel, suggèrent que ce «patrimoine» (quel que soit le sens) est un bien culturel, ou réel, qui est partagé. De plus, il est sous-entendu qu'avoir des lectures différentes de ce «patrimoine», témoigne du fait qu'il est effectivement partagé, et ce n'est qu'une question de points de vue. Ceci est cependant une route glissante vers l'erreur; avoir des opinions différentes sur le sujet du «patrimoine» ne témoigne pas nécessairement d'une compréhension culturelle partagée, ni, bien entendu, d'un bien culturel qui appartient à toutes les parties concernées. Il suffit de penser à l'Indonésie et aux Pays-Bas par exemple; beaucoup d'autres existent dans l'histoire du colonialisme. Ou Cowboys et Indiens pour le dire à la légère. Des passés entrelacés ne mènent pas nécessairement à un avenir commun - loin de là!

Que signifie le patrimoine pour vous en tant qu'individu et en tant que citoyen de votre pays et du monde?

Aemilia: Étant grec, et pour continuer là où je m'étais arrêté dans le paragraphe précédent, je comprends la culture comme un processus continu, ce qui est exactement cela: une culture constante, une culture qui engendre le présent, le présent! C'est la démocratie en devenir. Ce processus incorpore toutes sortes de rebondissements tout en se réinstituant sans cesse. Quand on se rend compte que la responsabilité et le respect viennent de l’intérieur, et que l’on soit grec ou non, cela met en lumière ce que Socrate voulait dire en disant: «Les Grecs sont ceux qui participent à la culture grecque».

Pouvez-vous penser à un exemple d'étude de cas de patrimoine partagé ou contesté lié à votre domaine d'intérêt particulier (ethno-musique, histoire, archéologie, art contemporain, histoire de l'art, etc.) et comment aborderiez-vous sa présentation?

Aemilia: Les Demoiselles d'Avignon de Picasso, créées en 1907, et l'utilisation des masques africains (parmi les indicatifs asiatiques ou ibériques) dans sa représentation de la féminité comme l '«Autre» effrayant et conflictuel. Il est intéressant de noter que la seule représentation de Picasso d'une femme occidentale est celle de Germaine, la femme «responsable» de la mort de son ami très proche et peut-être amant, Casagemas, qui s'est suicidé en 1901 parce qu'impuissante Germaine a refusé de l'épouser. Picasso, selon Dora Maar, qui «dévorait» les femmes et changeait de style avec chaque amant suivant, était un homosexuel réprimé. Il est intéressant de noter que cette peinture qui traite probablement de la mort et de l'instinct sexuel pour la vie, entrelace les genres, les stéréotypes sociaux, le colonialisme, la diversité des cultures et des styles artistiques à des niveaux étroitement liés et ne peut être tronquée en morceaux faciles à digérer. Cependant, si «Les Demoiselles d'Avignon» est considéré comme une peinture phare de l'art contemporain occidental, on a tendance à rester à la surface d'une introduction stylistique à d'autres cultures, (les masques africains etc.) alors que le marché de l'art n'a pas permis une lecture sur la virilité qui détruirait le mythe de Picasso en tant que mâle ultime et refléterait sûrement la valeur de ses peintures.

Mais j'aurais dû d'abord mentionner l'évidence: le conflit en cours (!) Sur les marbres du Parthénon connus sous le nom de «marbres d'Elgin», enlevés entre les années 1801 à 1812 (!), De l'Acropole, par le comte d'Elgin, et maintenant affiché au British Museum. Même Lord Byron, son compatriote et contemporain, a pu voir qu'il s'agissait d'un acte de vandalisme et de pillage et a écrit à propos d'Elgin: «Détesté dans la vie ni pardonné dans la poussière…» Rappelons donc que ce qui se trouve sous «l'héritage contesté» est toujours lié au profit. Même si les parties impliquées peuvent se sentir comme les protagonistes, elles ne peuvent être que le levier pour pousser vers la facilitation du profit pour les parties qui restent dans le noir. Dans notre région, les Balkans, la pression pour «reconfigurer» la terre a été une situation difficile sans fin. Aujourd'hui, entre autres, nous lisons sur le marché de l'énergie et nous sommes empêtrés dans son intrigue.

Dans un contexte d'incertitudes et de dystopias, quel est le rôle du patrimoine culturel?

Aemilia: La culture (qui est basée sur l'héritage culturel mais ne coïncide pas avec lui) maintient les gens ensemble comme une sorte d'infrastructure. C'est un système signifiant, un mode de vie qui forme à la fois l'individu mais aussi le collectif et sa connectivité. Un sentiment d'identité en découle alors que le besoin de sens est peut-être plus important que la survie elle-même. Le sang a été versé pendant des siècles par des gens qui se battent pour ce en quoi ils croient, mais nous restons plutôt naïfs. Après tout, à notre époque, la technologie, Internet et les interconnexions denses de toutes sortes changent qui nous sommes, à la fois au niveau de l'individualité mais aussi au niveau de la collectivité. Il est donc plutôt redondant de continuer à parler en termes de «patrimoine culturel» alors que Covid-19 nous a tous obligés à réaliser non seulement la fragilité de la vie, mais aussi l'importance de l'art et de la culture, en tant que phénomène permanent, pour notre survie.

L'un des défis pour les chercheurs et les praticiens dans le domaine du patrimoine culturel est de développer des approches plus inclusives pour partager le patrimoine afin de transgresser les frontières sociales et nationales. Avez-vous une idée de la façon dont vous mettriez cela en œuvre dans votre domaine d'intérêt particulier?

Aemilia: L '«approche inclusive», «transgresser les frontières sociales et nationales», n'est pas une bonne idée car elle finit par être contre la diversité et la variabilité tout en atténuant les conflits et les controverses.

De toute évidence, nous avons tendance à saper ce qu'Héraclite nous a appris; que «tout découle de la guerre», c'est-à-dire que nous devons comprendre que pour avancer, nous devons subir la dialectique des forces opposées, la «thèse, antithèse, synthèse» hégélienne, et accepter le flux toujours changeant du devenir. De plus, nous avons tendance à oublier que les gens incorporent quelque chose de culturel, auquel ils se sentent attirés, parce que cela leur donne du sens. Une fois qu'ils le font, ils le revendiquent comme le leur et le protègent parce qu'il façonne qui ils sont. C'est la nature humaine dans la mesure où même ce qui est reconnu comme étant l'individualité est une construction non seulement au niveau social mais aussi au niveau neurophysiologique. Dans cette optique, nous devons investir dans l'avenir, de manière créative!

"La culture en tant que processus continu qui incorpore toutes sortes de rebondissements, mais qui ne cesse de se réinstituer sans cesse"

Ce que signifient les récits nationaux, c'est qu'ils n'incluent pas de couches; ils sont unilatéraux, souvent chronologiques et ont le sens d'une vérité historique fixe, statique, à leur sujet, a déclaré Anderson en 1991. Êtes-vous d'accord avec cette citation et pourquoi?

Aemilia: Je ne suis pas d'accord. Le patrimoine culturel est autant une chose du passé qu'un corpus vivant qui peut être étudié, ou non, par la mesure dans laquelle nous valorisons et comprenons ce qui a été, dans la manière dont nous agissons ici, maintenant, aujourd'hui.

Ne voulons pas effacer la mémoire, car ce n’est qu’en traitant avec le passé que nous pourrons éventuellement évoluer vers quelque chose de meilleur à l’avenir. Le patrimoine culturel ne peut donc pas être considéré comme figé, mais comme un processus continu qui interprète le passé, également à travers les actions du présent.

Une autre façon de remettre en cause le récit national, concernant le patrimoine partagé ou contesté, serait de passer du particulier à l'universel. Cornelius Holtorf écrit: «(…) le nouveau patrimoine culturel peut transcender le particularisme culturel en promouvant des valeurs et des vertus issues de l'humanisme et un engagement pour la solidarité mondiale.» Que penses-tu de cela?

Aemilia: Amusé par les généralisations de ce genre, je suis en même temps consterné de voir où elles pourraient nous mener. On ne peut pas sauter «du particulier à l'universel» si l'on ne comprend pas que ce que l'on perçoit comme un donné particulier, l'humanisme par exemple, n'est pas une compréhension partagée ni un donné! Par exemple, la vie humaine n’est pas appréciée des terroristes. Les «martyrs» qui ne sont pas seulement prêts à sacrifier leur vie pour faire des ravages, mais qui sont en fait fiers de semer la mort, ont aussi une idée d'un «universel» qui doit se répandre, d'une manière ou d'une autre! Les droits de l'homme ne sont pas non plus acquis, même dans les sociétés qui ont saigné pour les défendre.

Lorsque nous discutons du patrimoine partagé ou contesté, la question du temps est essentielle et, dans les cas extrêmes de troubles récents, la meilleure méthode de réconciliation pourrait ne pas être d’aborder le passé comme individuellement relatable; mais plutôt que le passé devrait, espérons-le, rester dans le passé. Pensez-vous que cela puisse être mis en œuvre dans notre contexte?

Aemilia: Non, ce n'est pas possible non plus. Ce qui signifie que ce qui informe le présent est, en partie, ce qui a déjà été établi dans le passé. Nous devons comprendre que nous devons investir davantage dans le présent et les processus créatifs, tout en faisant attention à ne pas vulgariser le «passé» pour le rendre agréable au grand public ou au marché. Le «passé» exige en effet du temps et des connaissances investis et nous ne devrions pas non plus vouloir le déconstruire pour en faire une sorte de marchandise, ni penser qu'il peut rester en sommeil et le laisser «reposer en paix».

Pensez-vous que le domaine des mots peut influencer la façon dont le public lit les histoires liées au patrimoine (partagées ou contestées)?

Aemilia: Non. Les mots ne sont que des mots. Il est le chemin que les mots sont utilisés qui font la différence et ce n'est que par la communication que nous pouvons créer un terrain d'entente. Parler de «public» donc, comme le suggère la question, implique que les «publics» sont plutôt des auditeurs passifs et absorbent ce qui est suggéré par les «orateurs». Cependant, ce n'est jamais le cas. Les «publics» n'existent pas passivement car ils co-rédigent en réalité en partie ce qui est mis sur la table. Je ne peux donc que me demander: ce qui est proposé ici est-il une sorte de propagande?! Si tel est le cas, cela provoquera de nouveaux conflits.

Lorsqu'elle traite de l'histoire et du patrimoine partagés, la coopération internationale a le potentiel de favoriser une meilleure compréhension au sein et entre les cultures. Es-tu d'accord avec ça? Quelle est votre expérience personnelle?

Aemilia: Oui, j'accepte à condition que cela soit possible. Si les cultures impliquées valorisent le dialogue, la communication et l'individu en tant qu'agent de changement, alors cela «pourrait favoriser une meilleure compréhension au sein et entre les cultures». La résidence Galichnik en Macédoine du Nord est un cas tellement positif et réussi que j'ai vécu personnellement. Il faut cependant noter que les questions patrimoniales ou culturelles sont / n'étaient pas l'objectif de la résidence, bien qu'elles aient eu tendance à faire surface. Faire de l'art est / était le but de la résidence; dans le paradigme occidental de ce qu'est l'art, qui a déjà établi la liberté d'expression comme une donnée (un terrain d'entente que nous ne devrions pas prendre pour acquis). Cependant, toutes les cultures ne sont pas ouvertes à ce type de dialogue et d’échange.

Dans cette optique, un autre incident, que j'ai vécu personnellement, me vient à l'esprit. J'ai été invité à participer à un atelier en Grèce, censé avoir pour but de faire de l'art de manière interactive. Pour cet atelier, qui n'impliquait que des femmes grecques et réfugiées, les femmes grecques ont non seulement été conseillées par les organisateurs de s'habiller «modestement» (elles exigeaient pas de robes sans manches - c'était l'été), mais aussi qu'il fallait accepter de subir l'inspection par les maris des réfugiés, ou par leurs parents hommes (frère ou quiconque était considéré comme «responsable» d'eux), afin de pouvoir enfin interagir entre nous. J'ai refusé de participer.

***

L'entretien est mené dans le cadre du projet »Patrimoine partagé ou contesté», Mis en œuvre par ALDA Skopje et Forum ZFD. L'objectif du projet est d'améliorer la coopération transfrontalière entre la Macédoine du Nord, la Grèce et la Bulgarie. Le projet sensibilise les praticiens du patrimoine et les travailleurs culturels au rôle des histoires contestées et du patrimoine culturel partagé dans les processus d'intégration de l'UE. Le contenu de l'entretien relève de la seule responsabilité de la personne interrogée et ne reflète pas toujours les points de vue et les attitudes d'ALDA et de Forum ZFD.


Un projet pour Jouer à la Politique Publique

Qu'est-ce qu'une politique publique ? Comment les décisions sont-elles prises ? Seriez-vous un décideur ?

Si seulement il y avait un moyen facile et amusant de trouver une réponse à toutes ces questions. Parce que la politique publique n'est pas un jeu... ou alors, attendez, peut-être que c'en est un !

Laissez-nous vous présenter P-CUBE , un projet nouvelle génération qui vous permettra d'entrer dans le monde de la prise de décision et de l'apprentissage littéraire en jouant!

En effet, P-CUBE est un projet de conception et de mise en œuvre d'un jeu éducatif pour l'enseignement de la théorie des politiques publiques, avec un accent particulier sur le changement de politique.

Le projet vise à sensibiliser au regard de l'importance de développer des compétences pluridisciplinaires dans le domaine de la prise de décision politique, en s'adressant principalement aux jeunes, mais aussi aux décideurs, aux urbanistes, aux ONG, aux OSC, aux travailleurs sociaux et aux scientifiques. Grâce à la promotion du jeu vidéo P-CUBE auprès d'un public aussi large, le projet contribuera à dissiper les idées fausses et les préjugés sur la façon dont les innovations sont mises en avant dans les politiques publiques, en présentant le processus à travers un modèle interactif, intéressant et pourtant réaliste.

Un projet de jeu pour les jeunes pour comprendre le monde des politiques publiques

Le jeu aidera les joueurs à se familiariser avec les complexités de l'élaboration des politiques publiques et prouvera ainsi qu'il existe différentes manières de surmonter les obstacles qui empêchent les systèmes de gouvernance actuels de s'attaquer aux problèmes collectifs.

P-CUBE s'adresse en premier lieu aux jeunes générations, car ce sont elles qui dirigeront et prendront les décisions clés dans notre avenir proche et elles doivent avoir les connaissances nécessaires pour comprendre comment ces décisions seront prises.

Ne manquez pas l'occasion de faire partie de ce grand projet et .. Jouez aux politiques publiques !

***

Le projet P-CUBE est un projet européen financé par le programme ERASMUS+ de la Commission européenne. L'objectif de P-CUBE est de construire un jeu de stratégie éducatif (le Policy Game) conçu pour enseigner la théorie et la pratique de l'élaboration des politiques publiques à différents groupes de personnes, principalement des étudiants. Ce projet est dirigé par la Fondazione Politecnico di Milano (Italie) et réunit des partenaires expérimentés et experts, l'Universitat Autonoma de Barcelona (Espagne), la Technische Universiteit Delft (Pays-Bas), le Politecnico di Milano (Italie), l'Université du Luxembourg (Luxembourg), La science pour la démocratie AISBL (Belgique), l'ALDA (France).

 

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